AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Mar 16 Mai - 16:05


    La souffrance l'irradiait jusqu'à atteindre son âme. Jamais de toute sa vie elle n'avait eu souvenir d'une telle douleur. Il lui semblait que la mort valsait à ses côtés, prête à l’emmener au loin pour apaiser sa peine autant que faire taire le peu de vie qu’il y avait en elle. Tout son côté gauche était touché tandis qu'elle continuait d'onduler son corps machinalement, avançant a un rythme ralenti dans les eaux de la rivière, laissant derrière elle une traînée d'eau rougeâtre. Ysaleen se sentait terriblement vulnérable même si sa main droite se cramponnait à son épée comme s'il s'agissait de sa propre vie. La gauche demeurait plaquée contre son flanc, là où le fer avait arraché sa peau fine pour n’en laisser qu’une plaie peu profonde mais pas moins dangereuse.

    Téméraire, elle l'avait été de croire qu'elle pourrait se sortir indemne de cette mésaventure cruelle. Les Aigles l'avaient sérieusement amochée et c'était en plongeant dans l'eau, la tête la première qu'elle avait pu prendre la fuite, n'emportant avec elle que son épée et disparaissant dans les eaux tumultueuses de la rivière, nageant de toutes ses forces pour s'échapper à cette horreur, à cette mort qu'elle venait de frôler. Mais ses forces s'étaient amoindries au fur et à mesure qu'elle avait nagé, sachant très bien que chaque coup de nageoire la ramenait vers la mer, vers le fief des Silvershell qu'elle avait quitté un peu moins de deux semaines plus tôt. Que faire ? Ysaleen n’en avait plus la moindre idée, perdue entre la douleur et le choc de la lutte qu’elle avait mené quelques instants auparavant pour sa propre survie. Son cheval avait pris la fuite et elle ne nourrissait que peu l’espoir de le retrouver, et quand bien même elle aurait réussi à mettre la main dessus, elle était bien trop faible pour encaisser une chevauchée en direction de Thern afin de rejoindre Aerdenn et qu’il ne la fasse soigner. Elle aurait eu le temps de mourir une bonne dizaine de fois avant cela.

    La mer n’était plus loin. Elle le sentait dans l’eau et sa température qui, doucement, baissait. Elle ne pourrait rester cachée au fond des eaux car l’eau salée l’emporterait autant que l’aurait fait un aigle, la noyant tandis que sa forme humaine reprendrait le dessus. Elle n’avait guère le choix, s’approchant doucement de la rive ouest de la rivière. D’un geste mou, elle rejeta son épée sur la berge, s’agrippant à celle-ci avec force et rage du désespoir. Levant son bras gauche, elle réveilla l’autre blessure qu’elle portait à l’épaule. L’épée l’avait transpercée et c’était bien la blessure qui la lançait le plus. Portant son poids sur son bras droit, elle se hissa avec peine sur la berge terreuse, tirant sur son bras pour s’extirper des eaux dans un cri de douleur qu’elle ne pouvait pas retenir. Son corps entier finit par atterrir lourdement sur le sol poussiéreux, salissant sa peau claire et nue de son torse tandis qu’elle se laissait tomber sur le dos. Ses cheveux blonds et mouillés s’étiraient dans la terre, salis bien assez rapidement alors que les écailles dorées de sa queue captaient les rayons du soleil pour les faire miroiter, accentuant le léger côté rosé des fragments qui la constituaient, comme mille bijoux positionnés avec soin sur elle. Ysaleen était à bout de force, incapable de bouger, incapable de mourir. Sa respiration était courte et rapide et ses yeux manquaient de se révulser à chaque instant alors qu’elle luttait vainement pour rester éveillée.

    Combien de temps resta-t-elle ici ? Elle n’en eut pas la moindre idée. Le sang s’écoulait toujours de son épaule alors qu’elle essayait de ne pas la bouger. Concernant la coupure qu’elle avait subi au niveau des côtes, elle n’avait pas la moindre idée de si elle saignait encore mais savait très bien que ça ne changerait pas la donne si elle ne faisait rien. Les écailles de sa queue commençaient à se détacher une à une tandis que son corps séchait sous le soleil. Sa main droite avait saisi le pommeau de son épée, prête à se défendre une dernière fois afin de mourir dignement si l’Aigle venait à la retrouver. Aussi, quand quelqu’un se fit entendre, le peu d’adrénaline que son corps était capable de lui offrir se glissa de nouveau dans ses veines et elle ouvrit les yeux avec une vivacité que peu de monde aurait capable de lui donner. Levant le bras dans la direction d’où venait le bruit et fendant l’air de l’épée, elle tenta de s’asseoir au mieux, ramenant sa nageoire vers elle. Mais elle ne vit rien. L’oreille tendue, pourtant, elle sut que quelqu’un approchait. « Montre toi sale monstre ! Je te planterais mon épée dans le cœur avant que tu n’aies le temps de me prendre le reste de mon sang ! » Ysaleen laissa son regard glisser vers la rivière. La distance était maigre mais, si elle souhaitait plonger de nouveau, elle devrait lâcher sa précieuse épée et ça, elle n’y tenait pas vraiment.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Jeu 18 Mai - 17:06


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


Cassius donne un autre coup de talon pour faire avancer sa monture. Bon sang, ce qu’il peut être paresseux, ce canasson ! Pour toute réponse, l’imposant cheval secoue la tête avec un agacement certain et accélère de mauvaise foi durant quelques minutes. Cassius pousse un soupir et marmonne un juron entre ses dents. Le capitaine peut dompter des tempêtes et  des vagues hautes de plusieurs mètres, mais un foutu cheval, ça, c’est bien trop demandé. Il a emprunté l’animal à une écurie d’Isandiel pour aller rencontrer le charpentier qui a travaillé sur son navire, toujours amarré non loin d’Isandiel, dans un port reculé destiné aux bateaux immobilisés pour une longue durée. Ce charpentier a bien fait son travail. Il a remis du bois neuf là où la bouche à feu a explosé, a consolidé le mat fragilisé lors de la bataille et a appliqué une bonne couche de résine. Tout ça sans poser de questions, ce qui est d’autant plus appréciable.  La note risque d’être salée, mais il faut bien rendre l’honneur à l’artisan.

Pour le rejoindre, il suffit de remonter en direction de la forêt du Belegorn, en suivant la route près de la rivière. Il n’a pas beaucoup de route à faire. Ce ne sera l’affaire que d’une heure ou deux, et Cassius pourra descendre de cet animal de l’enfer avant que le soleil ne se couche. Cassius se redresse sur sa selle, ajustant son manteau sur ses épaules. Il faut avouer que la balade est assez plaisante. Il ne pleut pas, les moineaux chantent autour de lui en passant d’arbres en arbres. Depuis que son navire est à quai, Cassius passe beaucoup plus de temps à explorer les alentours des villes côtières qu’avant. Lui qui est habitué à la clameur de gens de la ville, aux bruits incessants de la vie humaine, ces cloportes, il se surprend à profiter du silence des routes délaissées. Ça lui rappelle le calme d’une nuit en mer, le clapotis constant de l’eau contre le bois du navire, le doux mouvement du bateau qui berce ses marins.

Lors des nuits calmes et paisibles, bon nombre de ses membres d’équipage ont pris l’habitude de faire des baignades nocturnes. Guidés par la lune et les quelques torches qui brûlent continuellement sur le navire, Cassius a souvent observé des hommes se déshabiller sur le pont et se jeter dans l’eau froide de la mer. Parfois il peut même apercevoir des éclats d’écailles et un bout de queue de triton avant qu’ils disparaissent dans le fond. Voilà pourquoi les sirènes sont supérieures aux hommes. La beauté d’une telle race est sans équivalent. Son équipage est sans doute le secret dont Cassius est le plus fier. La sélection de ses membres s’est faite durant deux générations, celle de son père, et lorsque Cassius a repris le flambeau. Même si tous ne sont pas des tritons, le reste des hommes est entièrement dévoué à la cause des sirènes. Tout simplement parce qu’ils sont devenus des époux de sirènes, où que leur fils, leur neveu en est un.

Un éclat attire l’œil de Cassius et le fait quitter ses rêveries. Il cligne des yeux et se penche sur son cheval, fixant la rivière à quelques mètres non loin de lui. Une silhouette semble allongée sur la berge de la rivière. C’est comme observer une peinture exceptionnelle. Le bleu de la rivière tout autour d’elle, des touches de dorées et de rose sur sa longue queue de sirène comme une parure bien plus belle que n’importe quel bijou, que ses cheveux blonds complètent et magnifient,  et une couleur vive qui s’ajoute et qui ressort de l’œuvre, faisant l’effet d’un coup de poing au capitaine : du sang rouge vif tout autour d’elle, s’écoulant sur la peau pâle de la belle créature. Aussitôt il talonne l’animal et se rapproche au trot. Il finit par se laisser tomber lourdement à côté de sa monture et s’approche vers la sirène.

Il se fige quand la jeune femme s’assoit et brandit son épée en sa direction. Au moins, elle n’est pas morte. Cassius tend ses mains vides vers elle dès qu’il capte son regard perdu dirigé vers la rivière. Si elle s’y jette maintenant, elle n’aura plus de forces et tombera dans la mer.

- Je ne veux pas te prendre ton sang ! Dit-il d’une voix forte, s’approchant lentement de quelques pas. Je suis un triton de mer. Je veux t’aider. Tu saignes beaucoup…

Ses yeux bleus fixent avec douleur les blessures que la sirène porte sur son corps. Elle est affaiblie. Cassius se remet à avancer, tâtant son épée à sa ceinture. Il la détache et la jette vers son cheval.

- Tu vois ? Laisse-moi te sortir de là. Baisse ton épée…

Cassius n’est plus qu’à quelques pas désormais. Il peut distinguer le visage de la jeune femme. Son regard cherche le sien, cherche à prouver que ses paroles sont vraies. Jamais il ne fera de mal à une sirène. Lentement, il tend sa main, touche son épée humide de ses doigts et pousse doucement la lame dans une autre direction que lui.

- Je suis un enfant d’Olinwe et de Menuin, moi aussi.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Jeu 18 Mai - 23:10


    Comment diable pouvait-elle encore tenir cette épée ? La question effleura son esprit tandis qu’elle la maintenait pointée dans la direction de ce bruit étrange qu’elle avait entendu, ou cru entendre. Son regard ne cessait plus de guettait les eaux fraiches et vives de la rivière d’un air désireux autant qu’effrayé. Pourtant, quand l’homme sortit de derrière un buisson, son regard acéré quoique fiévreux se braqua sur lui. Il était brun et habillé d’une façon bien différente de ceux qui l’avaient attaquée plus tôt. Pourtant, elle ne pouvait qu’être méfiante, elle qui avait commis l’erreur de ne pas l’être suffisamment quelques minutes auparavant. Il fit un pas avant de s’arrêter net, les mains levées comme en signe de paix. Et alors, il leva la voix, s’exprimant pour la première fois sous le regard mauvais de la Ménaïade. Ce qu’il dit n’eut d’abord aucun sens pour son esprit égaré. Un triton des mers ? Voilà que les Aigles étaient rusés en plus d’être des brutes acharnées. Il n’y avait rien de plus idiot et pourtant de plus simple à dire dans de telles circonstances pour approcher une sirène blessée. Non ?

    Elle ne baissa pas sa garde. Pas cette fois. Son regard toujours braqué sur lui, elle essaya de lire en lui afin de savoir s’il se pouvait qu’il dise la vérité. L’épée, quoique légère car adaptée à son gabarit, se faisait de plus en plus lourde et sa main tremblante manquait de retomber sur le sol poussiéreux à chaque instant. Mais la détermination farouche de la jeune femme à vouloir se défendre demeura intacte et ce fut grâce à elle qu’elle trouva la force de lutter, encore et toujours. L’étranger s’approcha alors doucement, les mains toujours levées. Cillant, Ysaleen essaya d’ajuster sa vision qui ne cessait plus de se troubler afin de pouvoir mieux voir les traits de son visage. Il était bel homme, quelques mèches noires venant encadrer un visage aux traits durs quoique harmonieux et mettant en valeur des yeux clairs. Finalement, il détacha sa ceinture avant de jeter son épée au loin. Il semblait désarmé, mais peut-être n’était-ce encore qu’une ruse. Il pouvait dissimuler une autre arme ailleurs et la sortirait au dernier moment pour égorger la Ménaïade. Pourtant, toujours, il garda les mains levées en signe d’une reddition inutile Et fini par s’accroupir à ses côtés. Il lui demanda alors de baisser son épée, ce qui ne fit qu’augmenter la prise de la sirène sur le pommeau de l’arme. Et pourtant, quand il approcha la main pour écarter la lame de sa trajectoire, elle ne trouva pas la force de résister. Pire encore, elle sentait ses dernières réserves s’épuiser.

    Déglutissant avec difficulté, ses yeux azurés rencontrèrent les siens. En eux, elle lut une sincérité peu conventionnelle tout autant que rare. Ce fut plus fort qu’elle, elle en vint à le croire. La beauté de ses traits ne faisaient qu’aller dans le sens des enfants des Dieux de l’eau et quand il les invoqua, elle ferma un instant les paupières avant de laisser son corps tout entier retourner contre le sol. Sa main tomba mollement, relâchant l’épée alors que sa nageoire s’étala de nouveau. Son dos rencontra lourdement la terre et sa tête heurta la poussière en l’étourdissant autant que la réveillant. Elle essaya de prendre une profonde inspiration tandis que son épaule la fit de nouveau souffrir. « Menuin m’attends… Je la vois danser dans le ciel et me tendre la main… » Elle était terriblement faible et se demanda un court instant si son esprit n’allait pas basculer de l’autre côté de ce monde. Les yeux mi-clos, elle porta sa main droite a son flanc gauche entaillé. Le léger contact la fit grimacer mais la réveilla un peu plus. Se pourrait-il que ses derniers instants soient venus ? Son regard azuré chercha de nouveau celui de l’homme qui disait lui porter secours. « Si tu es ce que tu prétends être… Alors fuis. Je doute qu’ils ne me laissent simplement m’échapper et bien que je suis sûre d’avoir descendu la rivière plus rapidement qu’eux, ils ne tarderont pas à venir… Sauve ta vie, tu ne me dois rien. »

    Les écailles de sa nageoire se décollaient doucement, révélant le corps nu de la dame de Thern bien que grièvement blessé. Les sirènes avaient le don de guérir bien plus rapidement que les Hommes et pourtant, au fond d’elle, une voix soufflait à Ysaleen que personne ne pouvait survivre à pareilles blessures. Elle regarda alors le ciel, essayant de sourire, la respiration douloureuse. « J’en aurais tué quelques-uns de ces monstres, finalement… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Dim 21 Mai - 14:48


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


Enfin, la belle Ménaïade décide de le croire. Ou tout du moins de ne pas l’égorger sur la berge de la rivière. Tous ses muscles se relâchent d’un coup alors qu’elle ouvre sa main fine, laissant tomber son épée à terre. Son corps suit son mouvement, et Cassius se précipite vers elle alors qu’elle s’effondre à terre. Il glisse sa main en dessous de sa tête, ses doigts calleux se faufilant dans les longs cheveux humides de la belle sirène. La faiblesse de la belle lui serre la gorge et il déglutit avec amertume en la détaillant. Elle perd du sang, et son visage est blanc comme un linge, comme si les belles couleurs de ses joues se retiraient petit à petit, comme si la vie s’écoulait de ses plaies avec son sang.  Cassius plonge son regard dans le bleu magnifique de celui de la blessée, et fronce les sourcils à ses paroles. Fuir… Sa race fuit depuis trop longtemps. Et le capitaine n’est pas de ceux-là.

Ce sont des pécheurs qui lui ont fait ça. Qui d’autre ? Ces fils de putains aiment s’en prendre aux sirènes souvent à plusieurs pour ne laisser aucune chance, pour les vider de leur sang comme du bétail et les coincer dans des bocaux à la vue de tous… Ils n’auront pas cette sirène. Pas cette fois. C’est une battante.

Cassius secoue la tête et grogne de sa voix grave :

- C’est ainsi que tu veux mourir ? Sur une berge, en attendant que les pécheurs viennent te prendre ta vie ?

Cassius se penche vers elle et la fixe avec intensité :

- Tu es une guerrière. Je le vois dans tes yeux. Tu as encore une bataille à gagner. Tu dois te battre !

Il repose sa tête doucement sur le sol et retire son manteau, ainsi que sa chemise. Il la déchire avec son poignard qu’il sort de sa botte. Il applique le linge contre la plaie de son épaule et en fait le tour, serrant sans pitié sa prise pour freiner la perte de sang. Il déchire encore sa chemise et fait de même pour ses côtes. Le sang ne tarde pas à imprégner le tissu, et les mains de Cassius en sont couvertes.

- Pense à ta famille. Pense à ton honneur.

Le capitaine la fixe et souffle plus doucement, en passant sa main sur sa joue froide de la belle, la peau douce de son visage contrastant avec les mains rêches du brun :

- Menuin t’a conduite jusqu’à moi. J’en suis persuadé. Elle veille sur ses filles. Je ne vais pas la décevoir. Fait de même. Je connais un endroit où ils ne te trouveront jamais.

Cassius passe un bras en dessous de son dos, et saisit son long manteau. Il l’enroule autour de la jeune femme, le tissus lourd couvrant tout son corps jusqu’à ses orteils. Cassius glisse son autre bras en dessous de ses genoux et la soulève contre son torse. D’un geste sûr et gonflé par l’adrénaline, Cassius se relève et s’approche du cheval. Il la fait s’asseoir sur le dos du canasson devenu docile, comme s’il sentait que la situation était grave. Il prend la main de la sirène et enroule ses doigts fins dans la crinière du cheval.

- Tient toi bien. Dit-il lui serrant la paume.

Il la lâche pendant quelques instants et court chercher les deux épées, qu’il glisse à sa ceinture. Il revient très vite vers le cheval et monte à son tour, attirant le corps de la sirène contre lui. Le capitaine passe ses bras autour d’elle et agrippe les rênes.  Cassius se penche en avant et souffle à l’oreille de la blessée :

- Une dernière course et tu pourras te reposer. Je te le promets.

Il talonne aussitôt la monture et se lance au galop sur la route, faisant le chemin inverse qu’il avait emprunté auparavant. Se dirigeant vers le port non loin d’Isandiel. Vers sa demeure, son compagnon le plus fidèle : son navire.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Lun 22 Mai - 23:55


    Les paroles du dit triton eurent un effet puissant sur elle. Il avait raison. Etait-elle simplement en train de se laisser aller ? D’attendre patiemment que la mort ne vienne la prendre pour la ramener auprès de la déesse Menuin ? Alors qu’il se pencha vers elle, elle fronça les sourcils autant qu’elle le put afin de lui adresser un regard noir. Et alors, elle eut envie de le saisir à la gorge pour lui montrer qu’il avait raison. Oui, elle était une guerrière et l’une des meilleures, qui plus est. Des Aigles qui s’en étaient pris à elle, un seul était encore en mesure de suivre la cadence et de la retrouver pour l’achever. Mais sa main demeura clouée au sol, incapable de trouver la force pour venir le menacer et lui siffler aux oreilles qu’il ferait mieux de ne pas l’agacer car elle trouverait encore la force de le mettre hors d’état de nuire. Cet agacement eut au moins le mérite de la réveiller un bon coup et, cillant un instant, la brume qui l’envahissait doucement, couvrant son champ de vision, s’évapora. Sa respiration se fit plus profonde bien qu’elle lui demandât un effort inconsidéré. « Tu n’as aucune idée de qui je suis… » Maigre menace au vu de la situation mais qui aurait certainement le mérite de rassurer cet inconnu sur son état.

    Sa peau se réchauffait et, rapidement, elle sentit ses jambes reprendre leur indépendance pour délaisser la nageoire écaillée. Lui continuait de lui parler, s’activant à ses côtés. Elle n’osait rien dire, économisant ses forces et se basant sur ses mots pour rester éveillée alors qu’elle n’était pas loin de vaciller. Il banda ses plaies, lui arrachant un gémissement de douleur quand il serra solidement le pansement autour de son épaule. Elle crut défaillir et pourtant, les dents serrées, elle laissa échapper un souffle court, essayant de reprendre contenance tandis qu’il reproduisait la chose autour de ses côtes. L’envie de l’insulter se fit plus grande et pourtant, quand il eut l’amabilité de l’habiller de son manteau, elle ressentit réellement la bienveillance de cet homme à son égard. Le plus gros des écailles resta dans la poussière, quelques-unes se trouvant encore accrochées à ses jambes. Mais quand il la souleva de terre avec le plus de délicatesse que la situation offrait, la nageoire la quitta définitivement pour ne laisser que des jambes fragiles et pâles, couvertes par le lourd manteau de l’étranger.

    Avec une force qu’elle ne lui aurait jamais attribuée, il la plaça sur le dos de sa monture, l’aidant à trouver une prise dans la crinière du cheval. Il s’éloigna un instant sans qu’elle ne puisse le suivre du regard. Alors, doucement, elle murmura au cheval quelques mots, comme une dernière prière avant la mort. Se confier à un cheval lui paraissait ridicule et pourtant, elle ne cessait de croire que les Dieux vivaient en chaque être de ce monde. L’homme avait dit qu’il la conduirait en lieu sûr et c’était sur ces simples paroles que la jeune femme pouvait s’appuyer. Il revint vers elle alors qu’elle menaçait de tomber en avant, la position assise lui allant beaucoup moins que celle allongée. Assis derrière elle, il la redressa pour que son dos rencontre son torse. De nouveau elle cilla, ne captant ses paroles que comme si elles étaient les plus éloignées possible. Sa respiration devenait chaotique et le départ en trombe du cheval la réveilla pour un court instant. Mais, rapidement, elle sentit les forces lui manquer. Elle avait perdu beaucoup trop de sang pour rester consciente de ce qu’il se passait.

    Elle eut une première absence, ayant l’impression de ne fermer les yeux que l’espace d’une seconde mais se rendant compte de la mollesse de son corps et du décor ui avait changé autour d’elle. Sa main lâcha la crinière de la monture, se posant sur le poignet de cet homme, de son sauveur, cherchant à capter son attention. « Mon épée… » La cherchait-elle ? L’avait-il reprise ? Dans tous les cas, elle n’avait qu’une idée en tête à cet instant. « Si je meurs… Si ça arrive… Ramène mon épée au seigneur de Thern… Mon frère. Aerdenn… » Aura-t-elle donc tant failli dans sa mission ? L’épée lige du seigneur de la maison Greywaters se sentait bien bête à cet instant. Chaque mot lui coûtait énormément et ce fut presque dans un effort surhumain qu’elle prononça les suivant. « Je… J’ai froid. » Ses yeux se révulsèrent et elle plongea dans la noirceur des limbes, s’évanouissant pour de bon, bercée par le galop de l’équidé.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Ven 26 Mai - 23:14


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


La chevauchée n’allait pas être facile. C’est demander encore plus au corps fatigué et meurtri de la belle enfant de Menuin. Mais Cassius a l’intime conviction qu’elle peut s’en sortir. Il resserre son corps contre le sien à cette seule pensée, et lui jette un coup d’œil. Son corps est entièrement mou et sa tête rebondit en rythme contre son épaule à chaque galop de leur destrier. Elle est tombée dans les pommes. Ça ne le surprend qu’à moitié, mais ça ne le rassure pas pour autant. Le sang s'écoule lentement de son corps, le processus maintenant ralenti par la chemise de Cassius sur ses plaies, mais elle est déjà bien affaiblie. Pour ne rien arranger, le soleil tombe lentement de son trône,  faisant rayonner ses dernières lueurs orangées.

Il sursaute quand il entend sa voix faible à nouveau. Elle paraît distante, comme une fiévreuse. Cassius essaie de se montrer rassurant et lui répond de sa voix grave :

-  Je l’ai récupéré. Ne t’en fais pas…

Le capitaine hausse un sourcil alors que la sirène d’eau douce s’exprime de nouveau. Visiblement, elle ne l’entend plus, ou elle ne prête plus attention à ses dires. La sœur d’Aerdenn Greywaters… Le seigneur de Thern. Cassius écarquille les yeux et ressert son emprise sur la selle du cheval, décontenancé par de tels mots. Il a récupéré une noble ? La sœur d’un grand seigneur… Sa famille doit être composée de sirènes, alors. Quelle étrange sensation que d’être envahi d’une certaine fierté, mais aussi d’une pression nouvelle sur les épaules. Il ne peut pas revenir pour présenter au grand seigneur Greywaters l’épée de sa sœur défunte… C’est hors de question.

- Préserve toi. Répond simplement Cassius avec un air sévère.

Le cheval ne perd pas son allure, malgré que ses naseaux s’irritent et que de la bave commence à couler de son mors. Finalement, cette bête la n’est pas aussi mauvaise que le pensait Cassius. Enfin, il voit les premières habitations autour du petit port, mais ne ralentit pas pour autant. Il laisse le cheval galoper à pleine vitesse dans la pente qui le mène enfin devant son but : le Léviathan. Le capitaine peut enfin tirer sur les rênes mais sans descendre, il crie avec autorité :

- OHÉ ! Descendez, plus vite que ça !

Aussitôt, des jurons étouffés se font entendre sur le pont du navire et quelques têtes se penchent au dessus de la rambarde du bateau pour jeter un œil en bas.

- Vite ! C’est le capitaine !

Sans plus attendre, les hommes de garde s’activent et descendent la passerelle pour lier le bateau et le port. Son second dévale la passerelle accompagné de trois de ses matelots et accourt vers Cassius, observant avec un air interloqué la femme dans ses bras. Cassius attend que les hommes se mettent à son niveau et saisit la sirène évanouie avec précaution, la tendant vers ses hommes :

- Faites attention à son épaule et ses côtes. Elle est salement amochée.

Une fois que la belle est dans les bras de deux tritons, Cassions descend du cheval et s’approche de son second. Il lui saisit le bras et indique la femme d’un signe de tête.

- Va quérir un guérisseur. Dépêche toi. Et envoie un matelot chercher des tonneaux d’eau douce. Assez pour plusieurs bains. C’est bien compris ?

Cassius n’a jamais besoin de répéter avec lui. C’est pour ça qu’il a fait de Bren son bras droit. Ce triton a toujours la tête sur les épaules. Il l’observe quelques secondes se glisser sa cape de voyage et sa capuche sur les épaules avant de partir en courant en entraînant un de leurs hommes avec lui. Satisfait, Cassius fait signe aux deux porteurs de monter dans le pavillon, ce qu’ils font avec la plus grande des précautions pour ne pas blesser d’avantage la brave guerrière. Cassius indique sa chambre d’un signe expéditif et les suit toujours alors qu’ils traversent son petit salon pour aller dans sa chambre accolée. Dans un geste hâtif, il laisse tomber son épée et celle de la noble à terre, ne prenant même pas le temps de se chercher une nouvelle chemise. Le capitaine les aide à coucher la sirène dans ses draps et s’assoit à côté d’elle, envoyant ses hommes chercher de l’eau et du linge propre.

Il fixe sans un mot le visage fin de la dame de Thern. Le visage à la fois d’une noble et d’une guerrière. Elle est pâle… Mais sa beauté persiste malgré le manque de couleur sur ses joues. Il passe lentement le dos de sa main sur sa tempe, puis sa joue et enfin ses lèvres fines. Menuin lui a accordé une force et une grâce que peu de femmes peuvent se vanter de posséder. Cassius plonge un linge dans de l’eau tiède et la passe sur son visage. Puis il s’efforce de nettoyer ses plaies et les zones meurtries à l’eau tiède. La porte de ses appartements s’ouvre et le sort de ses pensées. Le guérisseur s’approche, ainsi que son second.

Les instants suivant ne sont pas les plus joyeux à décrire. Le guérisseur fait bien son travail néanmoins. Il profite de l’état fiévreux de sa patiente pour désinfecter généreusement les plaies, quitte à arracher des gémissements de douleur de la pauvre femme, voir des convulsions de douleur parfois. Mais Cassius et son second la maintiennent fermement contre le lit. Puis le vieil homme plonge une aiguille dans des braises et de l’alcool, et s’armant de fil, il recoud minutieusement la plaie de l’épaule, prenant son temps non pas pour prolonger le calvaire, mais pour faire le travail le plus propre possible. Les minutes semblent des heures pour le capitaine alors qu’il force sans faillir la sirène à rester dans son lit. Enfin, le guérisseur se relève et laisse un flacon de sirop médicinal pour combattre la fièvre. La chambre du capitaine redevient silencieuse alors que son second la quitte à son tour.

Cassius tire un siège à côté de son lit et s’assoit lourdement dessus, se prenant la tête dans la main. Il en profite pour fermer les yeux, exténué par les événements qui se sont enchaînés sans lui octroyer le moindre répit. Les craquements habituels du bois du Léviathan le détendent néanmoins, et le très léger mouvement de la mer semble vouloir bercer son enfant fatigué. Et c’est ainsi que Cassius sombre dans les bras de Morphée, juste à côté de la belle sirène d’eau douce, pourtant si loin de ses terres d’origine désormais.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Sam 27 Mai - 23:59


    Je flotte. L’eau froide me transporte doucement sans que je ne puisse même essayer de lutter. Ma nageoire ne bouge pas plus que mes membres antérieurs, le reflet des écailles dorées aspirant les rayons du soleil pour mieux les révéler. Tout semble clair et les nuances de couleurs sont douces et délicates. Finalement, je me remets sur le ventre avant de plonger dans les eaux, les laissant me happer dans leur douceur et leur quiétude. Tout est silencieux, tout est si agréable que je m’oublie dans cette immensité. Moi, sirène Ménaïade, me voilà plongeant dans le cœur d’une rivière sans jamais en trouver son fond. Mon corps ondule doucement pour que jamais je ne m’arrête, guettant sans cesse, attirée dans ces eux lumineuses malgré leur profondeur. Puis, enfin, je la vois. Menuin en personne, assise sur un trône de glace m’observe pour mieux me sourire. Intimidée, comblée, je m’arrête à quelques mètres d’elle avec un respect gigantesque. C’est alors que ses lèvres s’agitent et qu’elle s’adresse à moi. « Bonjour, mon enfant. » Mes yeux s’écarquillent et je m’apprête à lui répondre avant de me rendre compte que je suis même incapable d’ouvrir la bouche. Elle se leva du trône, belle, terriblement magnifique et grâcieuse, les tissus de ses vêtements semblant voler dans les eaux. « J’aimerais pouvoir t’ouvrir mon royaume et t’avoir à mes côtés, ma fille. Mais ton rôle dans le monde n’est pas encore terminé… Ylienna a reçu tes prières et les a entendues. Repars en paix. » Je tends la main, souhaitant la toucher du bout de mes doigts mais, déjà, une force me repousse, me renvoie à la surface de ce fleuve. Je hurle. Je crie. Je me débats. Mais rien n’y fait et la douleur reprends possession de mon corps.


    Elle poussa un hurlement de douleur, cherchant à cambrer son corps pour se soustraire à la torture qu’on lui infligeait. Ouvrant ses yeux clairs, elle ne discerna pas ce qu’il se passait au-dessus d’elle, ne ressentant que la prise solide d’hommes qui la maintenaient la plus immobile possible. Elle chercha à relever la tête vers son épaule, essayant de comprendre ce qu’il se passait mais une main implacable se posa sur son front, l’empêchant de bouger. Elle hurla, gémit, essayant sans relâche de lutter en s’aidant des dernières forces qu’elle avait. La belle ménaïade était tant désorientée qu’effrayée. Les souvenirs de cet homme qui se disait triton s’étaient confondus avec ses rêves illusoires offerts par son état. Les larmes glissèrent sur ses joues sans qu’elle ne puisse les contrôler, implorant la pitié de son bourreau et enfin, elle retomba dans l’inconscience.

    Son esprit vacilla durant plusieurs heures entre le monde des Hommes et celui que semblait lui offrir Menuin. Plusieurs fois, elle souhaita rester dans ces eaux douces et agréables mais, toujours, elle replongea dans la noirceur que son état lui offrait, percevant les sons sans pour autant se montrer capable d’ouvrir les yeux. Et finalement, elle trouva cette force, ses paupières révélant les pupilles azurées qu’elle cachait depuis un certain temps. Sa respiration se fit plus courte et saccadée tandis qu’elle se découvrait allongée dans un lit. Etait-elle attachée ? D’un regard à ses poignets, elle constata que ce n’était guère le cas. Elle déglutit avec difficulté, la douleur ne s’étant nullement effacée dans sa chair. Un bandage solide venait entourer son épaule, dissimulant la blessure. Le sang semblait s’être arrêté de couler, et pourtant, la douleur persistait. Comme pour se rassurer, elle fit bouger ses doigts de la main gauche, s’assurant que rien de cela n’avait été touché dans le combat. Resserrant doucement les doigts, elle gémit de douleur tant cela lui était un effort physique immesurable.

    Son regard fiévreux se promena sur la pièce dans laquelle elle se trouvait, n’en reconnaissant pas un seul morceau. Où pouvait-elle bien se trouver. Ecartant les draps qui l’enveloppait, elle découvrit la nudité de son corps sous le tissu de lin, ne tardant pas à le tirer de nouveau pour recouvrir sa poitrine. Puis, avec le plus de douceur possible, elle s’assit sur le lit. Son regard se posa alors sur l’homme qui se trouvait là, assis lui aussi, à ses côtés. Elle écarquilla les yeux, déglutissant de nouveau avec difficulté, plissant les paupières pour être sûre de le voir. Elle ne mit alors pas longtemps avant de reconnaître le visage de l’homme qui l’avait trouvée sur la berge. Pourtant, toujours aussi méfiante, elle fut presque soulagée de constater qu’il dormait. Il demeurait torse nu, l’air paisible. Alors la jeune femme sentit qu’elle avait l’opportunité de tenter de reprendre sa liberté et de, doucement, sortir de cet endroit dont elle ne connaissait rien. Doucement et s’aidant de son bras droit, elle sortit ses jambes du lit, gardant le reste de son corps enveloppé dans les draps.

    Elle chercha une arme du regard sans pour autant en trouver une… A moins que… A travers la porte ouverte, elle remarqua une lame sur le sol. Serrant les mâchoires, elle se lança sur ses jambes tremblantes. Elle ne fit qu’un pas. Le monde sembla vaciller autour d’elle et elle perdit l’équilibre, chutant lourdement sur le sol dans un nouveau cri de douleur qui lui arracha quelques larmes. Dans son malheur, elle avait eut la chance de ne pas tomber sur le côté qui avait salement été amoché. Mais c’était tout son corps qui était faible, frêle, fragile. Jamais elle ne s’était sentie aussi délicate qu’en cet instant et voilà que cela lui arrivait loin des siens.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Jeu 1 Juin - 16:15


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


Cassius est affalé sur le siège délicieusement rembourré, sa tête reposant sur son bras. Il est encore à demi nu, n’ayant nullement pensé à se remettre une chemise sur le dos. Son visage est enfin reposé. Il n’arbore plus son habituel air sérieux et ne fronce pas les sourcils comme il le fait souvent. Non… Comme une sculpture, ses traits sont immobiles. Si on se penche bien sur lui, on pourrait remarquer le léger mouvement de sa cage thoracique qui se soulève au grès de sa respiration lente. A part ce léger détail, le tableau dans son ensemble est paisible. Sa chevelure noire corbeau est légèrement ébouriffée, mise à mal par l’étrange posture qu’il a adopté pour dormir. Enfin son corps maltraité et son esprit d’ordinaire occupé par tant de pensées parasites peuvent se reposer. Mais les dieux ne doivent pas vouloir qu’il dorme de trop, puisque son invitée profite de son sommeil pour tenter de quitter la pièce, et d’ailleurs échoue lamentablement.

Le capitaine ouvre grand les yeux lorsqu’il entend le bruit de la chute de la belle sirène juste au niveau de ses pieds. Par un simple réflexe instinctif, il se redresse et cherche à identifier la provenance d’un tel bruit. Ses yeux se posent sur la jeune femme à terre. Elle est enroulée dans le drap, mais il est tiré en arrière à cause de la chute. Cassius ne peut s’empêcher de laisser son regard vagabonder sur le dos laiteux de la dame de Thern, et sur le début de ses fesses. Il ne peut s’empêcher non plus de se demander quelle est la texture de sa peau, qui a l’air si douce à l’œil… Peut-être est-ce parce que Cassius n’est pas encore bien réveillé, mais il passe quelques secondes ainsi avant de sursauter et d’avoir le déclic. Aussitôt, le dur capitaine reprend son visage sévère et se lève pour attraper le bras intact de cette inconsciente et grogne :

- Par Olinwe, tu cherches vraiment à te faire du mal ! Arrête de bouger !

Le capitaine passe ses bras autour d’elle, essayant de ne pas appuyer trop de pression sur les zones sensibles qu’elle a hérité de ses blessures et la soulève de nouveau, la reposant sur le matelas malgré son ton agacé avec une douceur qui n’est pas familière au triton. Il remonte le drap sur elle et écarquille légèrement les yeux lorsqu’il rencontre son regard bordé de larmes. C’est un douloureux rappel de la nuit précédente. Elle pleurait également quand le guérisseur a du s’occuper de ses plaies. Et ça serre toujours le cœur de Cassius, comme un étau douloureux de remords.

Il se recule aussitôt et s’assoit de nouveau sur le siège à son chevet, passant la main dans sa tignasse sombre. Il hésite à la vouvoyer, mais après tout, c’est une noble. Et maintenant que le danger est écarté, Cassius ne sait pas bien comment se comporter auprès d’elle.

-  Rappelez-vous… Je vous ai trouvé sur la bordure de la rivière, blessée. Par des Aigles sûrement. Je m’appelle Cassius Irving. Je suis le capitaine du pavillon Léviathan. Vous êtes à bord de mon navire, il y a une fenêtre juste à côté du lit, vous voyez la mer ? On est à côté d’Isandiel, mais pas dans la ville. Vous êtes en sûreté ici. Je sais que vous êtes la sœur du seigneur Greywaters. Si vous le désirez, je peux vous faire quérir une lettre et du papier pour lui envoyer de vos nouvelles. Mais il est hors de question de vous faire sortir du lit. Vous avez besoin de repos. Que vous le vouliez ou non.Ajoute-t-il avec un air sérieux.
AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Mar 6 Juin - 23:39

Elle gémit, retenant ses cris de douleurs tandis que son corps se contractait de lui-même, tressaillant sur les planches de bois qui recouvraient le sol. Elle tendit une main désespérée vers les armes au sol à plusieurs mètres de là avant de se rendre compte que son corps tout entier réclamait après de l’air qu’elle avait cessé d’inspiré, remplissant ses poumons dans une suffocation puissante. Ce fut à cet instant qu’elle sentit le corps de l’homme à ses côtés sortir de la torpeur dans laquelle il était plongé pour la rejoindre. Il mit un certain temps à réagir, cependant, certainement surpris de la situation cocasse dans laquelle elle venait de se mettre, le drap qui était censé couvrir son corps ayant été quelque peu tiré en tous sens dans la chute. Il se pencha sur elle, ne tardant pas à la saisir par son bras valide, ne manquant pourtant pas de lui arracher un petit cri de douleur. « Ne me touche pas ! » Réflexion bien stupide étant donné qu’elle savait pertinemment qu’elle n’avait pas d’autre choix que de le laisser l’aider. D’ailleurs, elle vint encercler sa nuque de son bras valide, solidifiant l’étreinte et permettant ainsi à l’homme de la soulever dans les airs pour la rallonger sur le lit.

La douleur irradiait encore son corps mais sa respiration se fit plus profonde, cherchant à calmer tout cela d’une manière ou d’une autre. A ses côtés, l’homme se rassoit sur la chaise qu’il occupait encore quelques instants auparavant. Ysaleen souleva le drap qui l’entourait, observant le bandage qui lui protégeait les côtes, essayant de voir s’il se teintait d’un rouge pourpre qui serait annonciateur d’une bien mauvaise nouvelle. Mais non. Si la douleur était bien présente, le sang lui avait cessé de couler. Retirant le drap pour bien dissimuler sa poitrine au regard de celui qui avait dit être un triton, elle observa de la même manière son épaule meurtrie, posant sa main droite dessus dans une nouvelle grimace. Puis, le brun reprit la parole et enfin, les yeux azurés de la sirène se posèrent sur lui, détaillant avec plus d’intérêt l’homme. Il ne portait plus de chemise, celle-ci ayant finit en lambeau dans un but presque vain de la sauver sur les berges de cette rivière où elle aurait pu encore se trouver s’il n’était pas arrivé. Doucement, de sa voix grave, il lui rafraîchit sa mémoire torturée. Le vouvoiement la fit légèrement tiquer mais ce fut plus le fond que la forme de son discours qui l’intéressait. Où était-elle ? A bord d’un bateau dans les eaux baignant Isandiel. Voilà qu’elle était revenue au point de départ et cela ne fait que lui tirer un soupir de lassitude. Arrivera-t-elle seulement à s’en retourner chez elle ?

Son regard détailla les traits parfaits du triton. Comment pouvait-elle seulement douter de ses propos à ce sujet quand elle l’observait ainsi ? Ses pupilles azurées coulèrent vers son torse qui semblait comme taillé dans les pierres de l’océan avant de s’en retourner à son regard profond et déterminé. Elle l’avait compris, elle ne bougerait pas de là avant un moment. « Le vouvoiement est inutile. Si je suis la sœur d’Aerdenn, je n’en demeure pas moins une bâtarde et bien que je demeure dame de Thern grâce au zèle de mon aîné, je préfère que l’on se parle en tant qu’égaux… Et puis… Je crois que tu n’as plus de secret à découvrir me concernant, m’ayant vue sous ma forme normale autant que nue… » Elle ne savait pas si elle espérait le mettre mal à l’aise ou simplement le voir sourire devant de pareils propos, mes ses propres lèvres s’étirèrent en un sourire en coin avant de se changer en grimace, une tension venant réveiller sa blessure. Elle devait se détendre et y travaillait largement. « Inutile d’écrire à mon frère… Cela ne ferait que le mettre en danger, je le crains. Les Aigles risquent de sillonner les routes à ma recherche ou à la recherche d’un autre être de l’eau. Et puis, il risquerait de venir m’achever en personne. » Elle eut un sourire amusé. Aerdenn serait fou lorsqu’il apprendrait ce qu’il lui était arrivé et elle risquait bien de devoir passer le reste de son existence à ses côtés, enfermée dans ses appartements.

Ses yeux se tournèrent vers la fenêtre qu’il lui avait indiqué, se posant sur les étendues d’eau de la mer. Sa mine était encore fatiguée et son teint blafard. Pourtant, son sourire reprit possession de son visage. « J’ai une dette envers vous, Cassius Irving, capitaine du Leviathan… Je ne sais de quelle manière je pourrais la payer, mais je vous suis redevable. Je crois bien que vous m’avez sauvé la vie… Personne ne vous a suivi ? Depuis combien de temps suis-je ici ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Mer 14 Juin - 0:55


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


A-t-il déjà vu une femme aussi brave qu’elle ? Cassius n’en a pas le souvenir. Il affronte son regard qui se plonge dans le sien sans crainte aucune, le menton fièrement levé dans la direction du capitaine. Égaux… Bien que la belle sirène semble mettre un point d’honneur à le traiter comme tel, ce qui est très honorable de sa part, Cassius ne se fait pas d’idées pour autant. Un noble doit avoir une vie tellement différente de la sienne… Sans avoir à se soucier de problèmes financiers, ayant en général une meilleure vie, plus longue aussi… Sauf lorsqu’un membre de l’ordre des Aigles a décidé de l’écourter de quelques années pour deux ou trois pichets de sang. Il hausse un sourcil en apprenant que c’est une bâtarde. Ça ne change pas grand-chose à son statut pour quelqu’un d’aussi commun que le triton, n’ayant aucun titre honorifique sauf celui d’être un capitaine de navire.

Cassius sourit en coin face à l’insolence de la blonde. Elle n’a pas les manières d’une dame de la cour, et ce n’est que plus agréable.

- J’aimerais pouvoir te tutoyer, Dame de Thern, si seulement tu voulais bien me donner ton nom. Et je crains en effet d’avoir vu quelques parcelles de ta peau, pardonne moi pour cela. Je n’avais jamais vu de sirènes d’eau douce. Permet moi de te dire que tes écailles sont les plus beaux bijoux qu’il m’ait été permis de contempler.

Les yeux perçants du capitaine suivent le regard de la sirène et contemplent quelques instants la mer et la ville qui se dresse non loin d’eux. Mais il finit bien vite par reporter son attention sur la jeune femme. Son sourire est contagieux, et il se détend significativement en la voyant enfin se reposer un peu. Il écarte ses paroles avec un geste hâtif de la main, haussant les épaules :

- Tu ne me dois rien. Il est normal que les êtres de l’eau s’entraident en ces temps durs. Avec toutes ces saignées et ces disparitions… Il grogne en secouant la tête. C’est un devoir d’aider une sirène en danger. Les humains le paieront un jour, mais pour le moment, j’imagine qu’il faut se contenter de survivre. Pour répondre à tes questions, tu es restée toute une nuit ici pour l’instant, et il est presque midi. Personne ne nous a suivi. Dit il d’un ton paisible pour calmer ses inquiétudes. Et personne n’entre sur mon navire sans mon autorisation.

Cassius est interrompu par quelques coups contre la porte de ses appartements. Il s’excuse auprès de la Dame de Thern et se lève avec lourdeur, allant ouvrir la porte de son salon. Son petit mousse, fils du cuisinier du Léviathan et nouvelle recrue pour son équipage, se faufile de quelques pas à l’intérieur des appartements et tend un plateau lourdement garni de victuailles. Sur la pointe des pieds, il essaie de se grandir et de se pencher pour tenter de voir l’inconnue à travers les portes ouvertes.

- Bren s’est dit que la dame aurait sans doute la dalle, cap’taine, et a commandé à mon père de vous faire un dîner. C’est du bouillon de poisson, cap’taine. Et Bren dit aussi qu’il a chargé les tonneaux d’eau douce à côté de vos appartements.

Cassius repousse d'une tape sur l'arrière de la tête, le guidant vers le pont avec autorité pour l’empêcher de fouiner plus qu’il ne le fait déjà.

- Parfait. Va-t-en maintenant.

Une fois qu’il est parti et que la porte est bien refermée, le capitaine revient avec le plateau et le pose sur le chevet à côté du lit occupé par la sirène. Il sourit en coin :

- On dirait que tu as ensorcelé tout mon équipage. Ils sont aux petits soins pour toi. Le bouillon de poisson te fera sûrement le plus grand bien.

Il saisit une bouteille de vin et en verse un peu dans deux verres.

- Et le vin calmera un peu ta douleur. Tu peux rester ici autant de temps que tu le veux. Mon navire est tiens. J’ai donné aussi l’ordre de faire venir des tonneaux d’eau douce. Tu n’as qu’à demander et je remplirai la baignoire pour toi. Je sais que ce n’est pas vraiment ce dont tu dois être habituée… Mais j’espère que tu t’y accommodera.

Cassius saisit son bol de bouillon et se met à piocher des morceaux de poisson et de légumes.

- Bien que j’ai l’impression que tu n’es pas aussi difficile que d’autres dames de la noblesse que l’on peut croiser parfois. Rit-il doucement. Sans vouloir t’offenser, bien entendu. Rajoute-t-il aussitôt en fronçant les sourcils. C’est juste que tu es la première noble que je vois manier une épée avec tant de vigueur. Tu es une guerrière, n’est-ce pas ?

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Jeu 22 Juin - 0:26

Quand il releva le fait qu’elle ne lui avait guère présenté son prénom, elle eut un petit rire amusé. C’était bien elle, ça, que d’oublier une information si importante. L’excuse pourrait, sans problème, être portée sur son état et la difficulté qu’elle pouvait encore avoir à se sentir bien, coincée entre une torpeur vaseuse et l’instant présent qu’elle partageait avec ce capitaine autant étrange que bienveillant. « Ysaleen. Ysaleen Coldwaters. » Sa voix s’était faite plus douce, plus apaisée, presque tendre. Il s’excusa ensuite d’avoir pu voir quelques parcelles de peau qu’il aurait dû ne jamais croiser du regard. Pourtant, la révélation provoqua la naissance d’un petit sourire en coin sur les lèvres de la Ménaïade qui trouvait la situation bien cocasse. Mais les compliments sur ses écailles finirent par la forcer à détourner le regard. L’or qui pouvait recouvrir ses jambes en fines écailles était le bien le plus précieux qu’elle n’aurait jamais et elle était fière de cette couleur parfaitement en accord avec ses mèches blondes. Elles étaient la seule forme de richesse à laquelle elle pouvait prétendre.

Finalement, quand elle aborda cette dette qu’elle lui devait pour sa vie sauve, il écarta ses propos de la main avant de lui signaler qu’elle ne lui devait rien car l’entraide était chose normale et importante en ces temps difficiles. Elle eut un léger hochement de tête lui signifiant qu’elle comprenait alors qu’en son for intérieur, elle marquait son esprit de cette dette. Elle n’était ni un homme, ni un chevalier, mais elle en avait l’honneur et tiendrait promesse lorsque le temps serait venu. Ainsi serait-il et le voudrait Menuin. Puis, il lui annonça qu’elle était arrivée la veille, avait passé la nuit à se reposer ainsi que la matinée. Il disait que personne ne les avait suivis et la jeune femme poussa un long soupir de soulagement, décontractant les derniers muscles de son corps qui demeuraient sur la défensive. C’est alors que quelques coups distincts se firent entendre. Il s’excusa avant de se lever, les muscles de son torse nu roulant sous ses mouvements, laissant la jeune femme en admiration devant le corps du triton, fils d’Olinwë. Le faisait-il exprès dans l’espoir de voir la balance entre eux s’équilibrer question nudité ? Elle sourit en coin, écoutant distraitement les quelques mots qui s’échangèrent, reportant son attention sur la mer. Ces grandes étendues d’eau la rendaient rêveuse autant qu’elle pouvait les trouver dangereuses. La sirène d’eau douce qu’elle était ne pouvait comprendre comment les Olaïades pouvaient survivre et ne pas se perdre dans de telles profondeurs, dans cet état vaste qu’était l’océan.

Le capitaine revint, tenant un plateau entre ses mains qui eut pour mérite de forcer Ysaleen à se redresser à l’aide de son bras valide, maintenant toujours le drap contre sa poitrine dans un geste presque pudique qui ne lui ressemblait nullement. A la réflexion qu’il fit, elle ne put retenir un léger rire. « J’ai ensorcelé bien des cœurs et pourtant, jamais je n’ai eu l’occasion de faire cela à un équipage… Faudra-t-il que je les remercie tous un par un ? Ils risqueraient de m’offrir ta place, peut-être. » Elle disait cela avec une plaisanterie non dissimulée. Qu’irait-elle faire, elle, en mer ? Mais devant l’odeur de la soupe, elle sentit son corps tout entier quémander une énergie nouvelle qu’elle n’avait plus. Elle accepta le verre de vin qu’il lui tendit, buvant une petite gorgée du breuvage pourpre. Quand il lui parla de l’eau et de la baignoire, elle hocha la tête. « Au vue de mon état, je ne tenterais pas de nouveau le destin et je pense qu’un bain par jour me sera nécessaire durant quelques temps si je souhaite reprendre des forces… Si cela ne te dérange pas, j’en prendrais un après avoir mangé… Quant à la baignoire… On est bien loin du lac d’Ardlos, mais je m’en accommoderai. »

Elle l’observa alors qu’il commençait à manger, ne tardant pas à lancer une réflexion sur sa nature qui la força à hausser les sourcils, à la fois surprise et désabusée. Il ne l’offensait nullement, bien que le fait de se voir encore gratifiée de cette étiquette de noble la fit tiquer. « Je te l’ai dit, je n’ai de noble que le statut, gracieusement offert par mon frère qui souhaitait racheter les torts de notre père. Les bâtards ont rarement ces avantages. » Elle se saisit de son bol de soupe, le maintenant contre elle de sa main invalide et portant la cuillère pleine de celle qu’elle pouvait encore bouger sans hurler. Son regard azuré se figea dans celui de Cassius. « Une guerrière… Oui, on peut dire cela… Je suis l’épée lige de mon frère et je m’entraîne à manier toute sorte d’armes depuis mon plus jeune âge… Une manière de me défendre tant à cause de mon statut que de ma race. Je ne suis pas noble et ne le serais jamais vraiment. J’ai des privilèges mais trop souvent, le regard des autres me rappelle ma condition… »

Elle eut un faible sourire, presque gêné. Elle y était habituée, à ces regards en coin, mesquins. Et pourtant, son âme s’en trouvait toujours autant blessée de les voir. Elle porta une nouvelle cuillère de soupe à ses lèvres, souriant à l’homme. « Ton regard est différent… Respectueux, quoique peut-être un peu trop… Il est plaisant de savoir que certaines âmes en ce monde ne jugent les gens sur leur personne mais sur leurs actes… » Elle sourit un peu plus doucement avant de manger en silence, ne reprenant la parole qu’après un instant. « Ton équipage… Sont-ils… Comme nous ? Enfin, je veux dire, plutôt comme toi, les Ménaïades ne survivraient pas longtemps en pleine mer… Par ailleurs, je tecrois sur parole, mais il n’empêche que j’aimerais grandement que tu me prouves tes dires… Fils d’Olinwë, tu dis être… Montre-moi. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Lun 17 Juil - 9:05


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


Ysaleen Coldwaters. C’est donc le nom de cette si jolie femme. Il s’était attendu à entendre le nom des Greywaters, mais après tout, comme elle le dit elle-même, c’est une bâtarde. Peut-être que la famille Greywaters n’a pas voulu associer son nom au sien.  C’est un beau nom. Ça lui rappelle la beauté des écailles de la belle sirène, dont il a déjà eu la chance de voir lorsqu’il l’a épié sur la berge. Dorées et reflétant les rayons du soleil comme une parure brillant de mille feux. Le capitaine relève vivement la tête lorsqu’il l’entend rire d’une voix enjouée. Il ne peut s’empêcher de sourire avec elle. Son rire est communicatif.

- Je ne doute pas que ton charme ait déjà fait des ravages. Dit il de sa voix posée, ses yeux cherchant le beau regard d’Ysaleen. Il lui sourit doucement, subjugué par sa beauté. Si tu peux me permettre, je te trouve… Hypnotisante. Avoue-t-il.

Le capitaine se redresse et reprend ses esprits, ne voulant pas se montrer trop insistant. Il va chercher une chemise rouge vive sur le rebord d’une chaise et l’enfile, se rappelant soudainement qu’il n’a plus de haut depuis le sauvetage de la dame de Thern. Il se boutonne les boutons dorés et finalement incrustés et relève son col. Cassius finit ensuite sa soupe, partageant son repas avec la jeune femme, l’observant reprendre des forces avec plaisir.

- Je vais remplir votre bain. Demande moi ce que tu veux. Tu es mon hôte ici. Épée lige… Il va falloir que je me méfie de toi. Plaisante-t-il. Tantôt sur la berge, je craignais déjà que tu ne m’égorge en essayant de t’approcher !

Cassius finit sa soupe avec appétit et se frotte les lèvres sans beaucoup de manières. Il hoche la tète avec respect à sa remarque néanmoins.

- Ysaleen, je n’oserai jamais porter un jugement sur vous. Tu es pleine de courage et de valeurs. Tu es la personne la plus respectable sur ce navire, je peux te l’assurer. Il sourit en coin et gonfle un peu le torse, fier de son équipage. En effet. La plupart des hommes sur ce navire sont des tritons. Ceux qui ne le sont pas ont gagné ma confiance en épousant une sirène, ou en ayant une sirène dans leur famille. Ce vaisseau était à mon père quelques années auparavant et j’ai repris son œuvre. Composer cet équipage n’était pas la plus simple des tâches, mais je sais que je peux compter sur chacun d’entre eux. Aussi ne craint pas mes matelots. Ils partagent le même secret que toi.

Cassius hoche la tête à sa demande. Elle est plutôt honnête, puisque  lui-même l’a vu dans sa forme naturelle. Il jette un coup d’œil à la fenêtre pour observer la course du soleil dans le ciel.

- Il serait imprudent que j’aille dans l’eau maintenant.J’ai déjà assisté à des saignées publiques… Je ne veux pas finir comme ces pauvres sirènes égorgées en publique pour le plaisir des cloportes de la ville. Mais ce soir je t’emmènerai sur le pont et je plongerai bien volontiers dans l’eau. Mes écailles ne sont pas aussi fantastique que les tiennes, néanmoins.

Le capitaine se relève et dépose son assiette et son verre de vin vide sur le chevet à côté du lit d’Ysaleen.

- Je m’occupe de ton bain. 

Aussitôt, le brun se met en action et sort quelques instants de ses appartements pour attraper un tonneau d’eau douce. Il le fait rouler à l’intérieur, peinant un peu lorsque le tonneau décide de prendre un autre chemin que celui que le capitaine tente de lui donner à la force de ses bras, mais finalement, il parvient à l’acheminer au bord de sa baignoire personnelle. Il enfonce le tonneau et le laisse s’écouler dans la baignoire, l’eau froide remplissant toute la baignoire dans un clapotis relaxant. Le capitaine revient alors vers la belle et souffle :

- Permet moi de te soulever une nouvelle fois. Je vais faire attention à ce que le drap ne bouge pas.

Cassius glisse ses bras autour du corps meurtri de la sirène et la soulève lentement, prenant garde à ne pas lui faire de mal. Il la porte jusqu’a la baignoire et s’accoude aux rebords de métal pour prendre de l’appui et déposer délicatement la sirène dans l’eau, le drap toujours enroulé autour d’elle. Ça ne gênera pas la queue de la sirène, et le drap étant de couleur, elle pourra garder un semblant d’intimité face au capitaine.

Il se racle la gorge et demande néanmoins :

- Est-ce que tu veux que je sorte ? Si c’est le cas, appelle moi quand tu auras fini avec la cloche, juste à côté de la baignoire. N’essaie pas de sortir sans aide ! Rajoute-t-il alors que son autorité naturelle revient au galop.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Ven 28 Juil - 20:08

Hypnotisante. Voilà le qualificatif qu’il utilisa pour la définir. Les yeux azurés de la dame de Thern restèrent accrochés à son regard, comme pour confirmer ses dires. Finalement, il se leva, rompant le contact visuel et Ysaleen laissa échapper un léger rire. S’il savait à quel point les hommes et les femmes pouvaient céder devant sa beauté, peut-être ne serait-il pas si surpris. La bâtarde Greywaters était, en effet, assez connue pour accueillir dans ses bras autant de monde qu’il lui semblait possible de le faire, n’ayant aucun honneur à tenir puisque celui-ci était déjà mort le jour de sa naissance et de la révélation de son statut. Elle le regarda s’habiller sans essayer d’être discrète, poursuivant la dégustation de sa soupe de poisson qui était fortement agréable tant pour son corps que pour son esprit. Les cuisiniers de ce bâtiment méritaient bien des éloges car rares avaient été les repas d’une telle qualités servis dans de telles circonstances. Finalement, il revint auprès d’elle et acheva son propre bol de soupe avant de lui annoncer qu’il allait s’occuper de son bain, sous entendant qu’elle était son invitée à bord et qu’elle pourrait avoir ce qu’elle souhaitait si elle le demandait. Puis, il remit en avant ses qualités d’épéiste et elle lui décrocha un nouveau sourire en coin, empli de malice. « Je t’apprendrais quelques passes, si tu me le demandes… » Les joutes verbales étaient une chose à laquelle elle était habituée avec ses frères et piquer les gens avec quelques accroches de ce genre sans malveillance et toujours avec humour faisait entièrement partie de son caractère.

Puis, achevant pour de bon sa soupe, il finit par lui répondre à ses dires sur le jugement des autres, lui assurant que jamais il ne saurait agir de la sorte avec elle. Elle eut un sourire gêné quoique fier et sentit le rose monter sur ses joue pâles, marquées par sa faiblesse du moment. Finalement, il en vint à répondre à sa question concernant l’équipage de ce vaisseau et elle fut plus que surprise de cette réponse. Ainsi, dans sa grande chance, elle était tombée sur un triton des mers qui… Dirigeait d’autres tritons des mers ou des hommes qui défendaient leur cause. Ainsi, il ne devait guère être étonnant de les entendre converser à son sujet puisqu’elle avait été victime du seul prédateur possible à leur espèce : les Aigles. Tous à bord devaient éprouver une haine farouche à l’égard de ces monstres et maintenant, Ysaleen avait rejoint leur rang. Si elle en avait été capable, elle aurait bondi sur ses pieds pour partir à leurs trousses et achever le malheureux qui l’avait mise dans cet état et qui avait réussi à sauver sa vie dans ce combat acharné. Alors oui, pour l’heure, elle se sentait plus qu’en sécurité et aspirait même à rencontrer ceux qui se trouvaient à bord et pouvoir converser avec eux. Avaient-ils seulement déjà vu une Ménaïade ? Elle eut un léger sourire en repensant à cela.

Enfin, alors qu’elle formulait une demande sans laisser le choix au triton, il hocha la tête avant de jeter un œil à la fenêtre. Il lui rappela qu’il n’était guère prudent de se baigner sans protection et qu’il attendrait la nuit pour accéder à sa requête et un sourire satisfait se dessina sur les lèvres d’Ysaleen qui plongea de nouveau ses lèvres dans sa soupe tandis qu’il s’éloignait à nouveau afin de préparer son bain. Elle le regarda faire, tout autant hypnotisée que lui par son corps qu’elle avait pu admirer durant un long moment ainsi que ses traits et ses mèches noires. A bien y réfléchir, Ysaleen ne connaissait que peu de sirènes et de tritons. Sa famille, les Silvershell… Et Caïn, du lac d’Ardlos, son ami et confident. Savoir qu’elle se trouvait à bord d’un bateau sur lequel travaillaient un bon nombre de tritons était une chose intimidante autant que séduisante. Et le capitaine de ce navire dégageait quelque chose qu’elle ne pouvait tout simplement pas ignorer, comme elle pouvait le faire sur d’autres personnes, ou sur lui. A croire que les sirènes de race opposée avaient tout pour se plaire plus encore que leur propre race…

Finalement, elle acheva son verre de vin quand il revint vers elle, lui signalant qu’il allait la porter jusqu’à la baignoire et qu’il allait prendre garde au drap. Elle hocha la tête, n’étant pas pudique pour deux sous et sachant très bien que le capitaine triton prendrait garde à regarder ailleurs si les pans du tissu devaient révéler quelques fragments de sa peau. Elle passa son bras valide autour de sa nuque tandis qu’il la soulevait dans les airs avec une facilité presque déconcertante. Doucement, il progressa vers la baignoire et Ysaleen ne put s’empêcher de lâcher en souriant. « Pas de cérémonie mais voilà que tu me portes déjà dans la baignoire… » Plaisanter sur une chose de ce genre était rare pour elle mais, clairement, la situation prêtait à ce genre de petite plaisanterie et la légèreté lui permettrait de se remettre plus facilement de ses blessures, c’était certain.

Avec toute la délicatesse du monde, il la déposa dans l’eau fraiche, la forçant à pousser un soupir d’aise tandis que déjà, les écailles dorées venaient recouvrir sa peau pour transformer ses jambes en nageoire. D’un mouvement, elle dégagea l’extrémité de sa nageoire du drap qu’elle prit soin de remonter pour couvrir sa poitrine afin de ne pas gêner le marin qui se trouvait à ses côtés. L’oubliant un court instant, elle plongea la tête sous l’eau avant d’en ressortir. Ses mains étaient également palmées à l’aide d’une fine membrane. Voilà à quoi Ysaleen ressemblait sous sa vraie nature. Créature de Menuin, belle, délicate et pourtant terriblement mortelle. La politesse fit que Cassius lui demanda si elle souhaitait qu’il ne parte, lui donnant déjà des indications quant à la démarche à suivre pour qu’elle puisse sortir de la baignoire le moment venu. « Tu peux rester… Je n’ai pas pour habitude de me baigner devant d’autres mais je n’ai pas non plus l’habitude de découvrir tout un navire occupé par des semblables venus de la mer… Sans oublier que je n’ai nulle envie de te chasser de tes appartements. » Elle eut de nouveau un sourire tandis qu’elle se cacher derrière bien des excuses pour ne pas admettre que sa compagnie lui était bien agréable. L’eau lui faisait le plus grand bien et elle savait que cela ne ferait qu’aider à la cicatrisation de ses plaies. Elle baissa le regard sur le bandage de son épaule déjà mouillé. « Je me suis fait avoir comme une enfant… J’ai été imprudente… Mais les Aigles semblent nous attendre à chaque détour de ruelle. Ces sales monstres… J’en ai eu un ou deux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Mar 1 Aoû - 8:37


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


A peine la jolie jeune femme s’enfonce dans l’eau que les écailles recouvrent aussitôt ses jambes, qui se lient pour ne faire une longue queue, si longue qu’elle en dépasse des bords de la baignoire. Bien contre son gré, Cassius ne peut s’empêcher de laisser son regard se perdre sur son corps immergé. Les humains trouvent les sirènes monstrueuses. Mais qui a-t-il de monstrueux dans ce qu’il voit ? La beauté d’Ysaleen est indescriptible. Son corps fin et fort, aux courbes généreuses et féminines, sa tignasse blonde désormais plaquée sur son front… Et le clou du spectacle, sa longue queue de sirène resplendissante. Cassius se perd un instant dans sa contemplation, le regard admiratif. Il se racle la gorge et finit par se forcer à détourner son regard bleu vers son lit pour ne pas paraître encore plus voyeur qu’il devait déjà avoir l’air d’être.

Elle ne veut pas qu’il s’en aille. Tant mieux. Il aime passer du temps avec elle. Cassius se relève et se dirige vers son bureau, non loin. Il sort une feuille et une plume, et fait mine de rédiger l’inventaire du navire. En réalité, il ne s’agit que d’une piètre excuse pour se forcer à ne pas regarder Ysaleen avec trop d’insistance. Le capitaine hoche la tête, et lui sourit :

- Deux Aigles, c’est très bien. Ces vermines iront pourrir en enfer. J’ai tué un Aigle également. C’est pour cela d’ailleurs que mon navire est au port. Nous finissons les dernières réparations avant de repartir en mer.

Content de pouvoir lui raconter une histoire, Cassius se tourne entièrement vers elle, abandonnant son inventaire distraitement et bombe le torse avec vanité.

- Nous avons attaqué un navire de pêcheurs. Le capitaine était un Aigle. Je l’avais repéré, quelques jours plus tôt. Je l’ai vu sur le port, son grand sourire sur son visage en capturant un de nos frères… Je n’ai pas pu le sauver. Mais j’ai pu le venger.

Cassius prend un air enflammé alors que les souvenirs lui remontent en tête et l’excitent. Il peut encore ressentir l’adrénaline dans ses veines quand il en parle.

- Ce soir-là, nous avons suivi le navire jusqu’à être en pleine mer. On a réussi à le rattraper, et lorsque nous étions côte à côte, et que l’on pouvait se regarder dans le blanc des yeux tant nous étions proches… Nous avons tiré avec toutes nos bouches à feu. L’une d’entre elles a malheureusement explosé sur mon propre navire, ce qui a causé pas mal de dégâts. Mais pas autant que les pécheurs en ont subi… Mes hommes et moi avons sorti nos lames et nous avons abordé le navire. Nous avons versé le sang de ces cloportes avec bravoure. Le capitaine m’a blessé à la cuisse, mais j’ai réussi à le noyer.

Cassius sourit en coin, aucun remords ne rongent son esprit à l’évocation de ce souvenir. Il prend au contraire un air fier.

- Ce n’est qu’une goutte d’eau dans un vase, bien-sûr, comparé à ce qu’ils font subir aux nôtres. Mais les actes comme les tiens ou les miens finiront par faire une différence. J’en suis persuadé. Un beau jour, les sirènes se réveilleront et finiront par se battre. Et ce jour-là, les humains ne pourront rien faire pour nous empêcher de trouver enfin vengeance, et justice.

Le capitaine se laisse aller contre le dossier de sa chaise et passe sa main dans sa tignasse brune, se calmant petit à petit. Le temps passe vite aux côtés de la belle blonde. L’envie de faire un geste vers elle monte petit à petit dans son poitrail mais il se contient tant bien que mal pour ne pas céder. Pourtant, elle est si désirable… Et son petit doigt lui dit qu’il ne la laisse pas indifférente également.  Il parle de tout et de rien, de sa haine pour les Aigles, de la vie en mer. Il aime l’écouter également, avec curiosité. Enfin le soir tombe, et le soleil disparaît à l’horizon pour se coucher.

Le triton quitte quelques instants la belle et revient avec un lourd manteau pourpre, bordé de fourrure sur le col. Il s’approche de la sirène de nouveau dans le lit après le bain.

- Veux-tu mon manteau pour sortir dehors ? L’air est toujours plus frais en mer que sur terre.

Cassius sourit en coin, et précise en retirant les bagues de ses doigts pour les poser sur une table de chevet :

- Tu voulais me voir en triton, n’est ce pas ? Nous y allons, si tu le veux toujours. Je peux te porter jusqu’à une barge et nager avec toi. Les étoiles se voient bien aussi ce soir.

Le capitaine s’incline légèrement vers elle, tendant son bras pour l’inciter à le laisser l’emmener avec lui, bien qu’il marmonne par politesse :

- Sauf si tu as trop mal pour le faire ce soir.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Ven 4 Aoû - 20:22

Elle aimait sentir son regard posé sur elle, faisant mine de ne pas le voir la dévisager… Ou plutôt la contempler. Elle se souvenait de la première fois que Caïn l’avait vu et la manière dont il avait contemplé chacune des écailles qui composaient sa nageoire… Jamais elle ne s’était sentie plus désirable si ce n’était en cet instant passé avec Cassius. D’ailleurs, quand il se releva pour quitter son champ de vision, elle se mordit délicatement la lèvre, comme une enfant découvrant les premiers vertiges de la beauté de l’autre et de la séduction. Lui plus loin, elle laissa le drap qui la couvrait vivre à sa guise, posant son bras valide sur le bord de la baignoire et se redressant au mieux pour que sa nageoire soit mieux immergée. D’un regard en coin, elle l’observa griffonner sur ses feuilles, le dévisageant à son tour dans toute la beauté qu’il pouvait dégager. Ses traits soucieux de bien faire n’étaient pas le moins plus laid que son air naturel, comme elle avait déjà pu le voir quand il lui avait porté secours et qu’il avait montré une certaine inquiétude, justifiée, devant son état physique. En pensant à cela, elle eut de nouveau l’envie de découvrir ses bandages pour observer ses plaies mais elle sut dès lors que le capitaine du Leviathan reviendrait à la lutte avec elle. Si cela lui posait problème ? Non, pas si cela le ramenait à elle pour un court instant.

Après lui avoir fait part de ses derniers meurtres, il salua son geste et elle eut un sourire empli de fierté avant qu’il ne lui explique les raisons de l’ancrage du bateau dans le port d’Isandiel. Avec des yeux emplis d’admiration, Ysaleen le fixa, écoutant avec toute l’attention du monde son récit et son choix d’attaquer ce navire de barbares sanguinaires. Un large sourire se dessina progressivement sur ses lèvres tandis qu’elle ressentait une satisfaction très profonde dans les propos de Cassius, s’émerveillant de chaque mot, du sort qu’il pouvait réserver à ces ennemis des sirènes qu’elle voyait depuis peu comme des chiens qu’il fallait abattre parce que trop agressifs. Quand il acheva son discours, finissant par adresser quelques prières à qui voulait bien les entendre pour que leur peuple prenne les armes, elle eut un léger rire puis un soupir d’aise. Elle se pencha délicatement pour venir caresser la surface de sa précieuse nageoire, les yeux clos. « Je ne sais si ce sont tes mots ou l’âme de ce bateau… Mais je semble capable de ressentir chaque parcelle de ton histoire tandis que le gout ferreux du sang de ces sauvages ne vient couler dans ma gorge… J’aurais aimé être là et participer à ce massacre pour mieux vous voir noyer ces créatures de l’Enfer. » Elle se laissa de nouveau glisser dans la baignoire, ne laissant que son visage à la surface de l’eau. « Quant au fait de voir des sirènes se battre… Ce jour viendra peut-être plus tôt que nous ne l’imaginions… Certaines choses sont en marche. A nous de voir si nous serons prêt pour nous joindre à elles ou non. » Elle se laissa plonger entièrement, laissant les branchies qui se trouvaient au niveau de ses côtes lui permettre de respirer. Là, elle resta plusieurs longues minutes à méditer, à sentir les bienfaits de cette eau aussi douce que claire sur son corps blessé. D’ici quelques jours, malgré l’état critique dans lequel elle était arrivée la veille, elle serait en état de marcher et peut être même de monter à cheval. Son sang de sirène possédait des vertus et cela, elle ne l’apprendrait à personne.

Finalement, quand elle sortit sa tête de l’eau, ils discutèrent encore un peu ainsi installés. Elle, dans la baignoire, lui, à son bureau. Leurs conversations étaient banales, comme deux amis conversant sur les dernières nouvelles autant que cherchant à faire apprendre à l’autre quelques faits de leur passé. Quand elle se sentit plus revigorée encore, elle demanda à Cassius de la sortir de l’eau et il la ramena dans les draps du lit qu’elle eut ainsi le loisir de mouiller. Il lui en rendit un sec qu’elle changea avant que sa queue ne disparaisse. Puis, elle osa même lui demander des vêtements qui seraient susceptibles de lui aller. Cassius s’était alors absenté un instant avant de revenir avec plusieurs paires de braies et des chemises. Conséquences du pillage du bateau des pêcheurs, elle avait l’embarras du choix pour trouver des vêtements propres. Se changer fut un challenge compliqué qui nécessita également l’assistance du capitaine qui, elle le voyait faisait tout pour éviter de la regarder, se concentrant sur les mouvements à réaliser pour soulager la jeune femme. Et finalement, elle fut satisfaite du résultat. Ses mèches blondes séchèrent de nouveau en offrant quelques ondulations à cette crinière à l’image de sa propriétaire. Après ces péripéties, ils purent reprendre leurs conversations avec plus de tranquillité, n’étant dérangés que par quelques marins qui s’essayaient à apercevoir la dame de Thern, ce qui eut le mérite de l’amuser.

Finalement, la journée passa sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte et la nuit vint poser son doux voile qui irait jusqu’au lendemain matin. L’envie de sentir l’air de la mer était plus fort chez Ysaleen et quand Cassius revint avec un lourd manteau pourpre, elle ne se le fit pas dire deux fois. Prenant toujours appui sur son bras valide, elle exécuta un mouvement plus assuré que le matin pour prendre place assise au bord du lit, même si le geste lui arracha une grimace. La douleur était toujours présente, les discussions ne lui permettant que de l’oublier autant que le vin qu’il pouvait lui servir. Il déposa les bagues qui ornaient ses doigts sur la petite table à ses côtés, revenant sur sa proposition – enfin, plutôt l’exigence qu’elle avait formulé – de se révéler à elle sous sa vraie forme. Lui tendant son bras, il lui évoqua également la possibilité de refuser cette invitation et de remettre cela à plus tard. Elle prit un air indigné. « Tu m’aurais traitée de faible que je n’en aurais pas été moins insultée… Je viens. Je serais mal avisée de bouder les étoiles si elles daignent se montrer en cette soirée. Tu ne me porteras que jusqu’au pont, en revanche. » Alors qu’elle positionnait correctement le manteau sur ses épaules, elle lui adressa un regard aussi désabusa que possible. « J’ai ma dignité. Tes hommes seront là, je ne paraitrais pas telle un chiot blessé devant eux. Autant leur prouver que les sirènes sont véritablement fortes… Je t’autorise à me soutenir, pas à me porter. » Et c’était non négociable car l’ordre avait claqué tel un fouet.

Se laissant aller contre lui une nouvelle fois, elle le laissa la guider à travers ses appartements avant qu’il ne la redépose devant la porte pour l’ouvrir. Les yeux d’Ysaleen mirent un temps pour s’adapter au changement de luminosité tandis que son bras valide resta en appui sur l’épaule de Cassius pour soutenir son corps meurtri. L’honneur pouvait parfois vous faire faire bien des choses téméraires mais la Ménaïade ne devait pas fléchir, pas maintenant. Les regards se firent curieux tandis que, sur son passage, quelques murmures se firent entendre. Elle les dévisagea tous, certains hommes étant bien plus beau que d’autre et elle différencia ainsi non sans peine ceux de sa race des autres qui étaient pourtant tout autant dévoués à leur cause. Les marins les plus éloignés s’approchèrent pour voir la scène se dérouler. Une barque avait été préparée et Cassius l’aida à monter à bord. Devant tous les regards, elle ne put s’empêcher de sourire. « Ne vous inquiétez pas, messieurs, je reviens bien assez vite… Avec votre Capitaine, évidemment. » Il y eut quelques rires tandis que d’autres semblaient lever les yeux au ciel devant tant d’insolence. Puis, Cassius donna des ordres avant de monter à bord et faire descendre l’embarcation. Il rama quelques peu, s’éloignant du large navire et gagnant la noirceur de la nuit éclairée par de simples rayons de lune. Elle porta une main à ses côtes blessée pour la poser doucement dessus, s’assurant que la plaie ne s’était pas réouverte dans l’effort. Mais la coupure à cet endroit, bien que douloureuse, demeurait légère. « Me voici donc dans ton territoire, capitaine… J’ai hâte de te voir plonger dans ces eaux noirs afin de savoir si j’ai véritablement un prince des mers face à moi… Evite seulement de faire chavirer la barque, dans une telle eau, je me noierais… » Un comble bien étrange quand on savait ce qu’elle était, n’est-ce pas ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 01/05/2017
✧ Messages : 84
✧ Localisation : Son navire ou une ville côtière.
✧ Ordre des Aigles : Je rêve de les voir brûler...


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Ven 11 Aoû - 5:17


Remember who you real ennemy is, you'll find allies
Ysaleen Coldwaters & Cassius Irving


Le capitaine ne peut que soupirer face à la détermination de la jeune femme. Elle est à la fois si vulnérable et si forte, véritable énigme aux yeux du triton. Sous certains aspects elle ressemble à sa maîtresse, celle de tous les marins, qui n’est autre que la mer. Ysaleen est tout aussi farouche, tout aussi envoûtante que les flots sur lesquels Cassius navigue. Cassius a l’habitude de se plier aux exigences de la mer. On navigue avec elle, mais jamais contre elle. C’est donc sans commentaires que Cassius soulève le corps gracile de la guerrière et la porte jusqu’au pont pour ne pas froisser sa dignité.

Une partie de ses hommes sont revenus sur le navire ce soir. Ils aident à finir les réparations du bateau pour repartir plus vite. Le capitaine n’est pas le seul à être ivre de liberté. Les tritons veulent pouvoir s’enfoncer dans l’océan en toute tranquillité, loin des yeux des hommes. Ils fixent la belle blonde, allant chacun de leurs petits commentaires personnels. Ce ne sont pas des nobles bien dressés. Ils manquent sans doute de tact ou de manières, mais ils sont plus loyaux aussi. Cassius passe un bras autour de la hanche de la belle pour l’aider à marcher, aussi lentement et doucement que possible jusqu’à la barge. Cassius laisse échapper un sourire amusé à la nouvelle insolence de la sirène, véritable petite sauvageonne des lacs. Le capitaine s’assure qu’elle puisse s’asseoir sans lui faire trop de mal et monte avec elle, bien plus à l’aise dans une embarcation que sur un quelconque destrier.

Il saisit les rames de ses mains puissantes et se met à faire de grands mouvements pour les éloigner du navire. Quelques marins les suivent encore du regard un moment. Son attention se reporte bien vite sur son hôte, qui pose sa main délicate sur sa blessure. Cassius fait une moue en suivant ses doigts du regard, espérant de tout cœur que sa blessure guérira bien vite. Enfin, le silence de la nuit les entoure, et seuls les clapotis de l’eau bercent les deux sirènes. La lune s’est montrée au dessus d’eux, et permet une bonne vision malgré l’heure tardive. Les étoiles brillent haut dans le ciel. Cassius déglutit légèrement, réalisant que le moment est intime. Voir même romantique. Il est soulagé quand la jeune femme reprend la parole, visiblement moins perturbée que lui. Le triton sourit en coin et arrête donc de ramer, laissant la barge aller au grès des courants.

- Je ne te laisserai jamais te noyer. Dit-il doucement, de sa voix grave.

Alors Cassius se met à se dévêtir. Il profite d’être assis pour délacer ses longues bottes. Puis il glisse ses mains sur les boutons de sa chemise et la retire également, la laissant tomber entre les lattes de l’embarcation. Il se lève avec des gestes lents, gardant un équilibre en plantant ses pieds dans le fond du navire, et retire sa ceinture et ses bracelets de cuir. Il sourit en coin et passe une main dans sa tignasse noire.

- Ferme les yeux si tu ne veux pas me voir dans la plus simple de mes tenues. Rit-il doucement. Mais j’ai déjà abusé de ce privilège sur toi, alors … Nous ne sommes plus à ça près, n’est-ce pas ?

Il fait glisser son pantalon à terre, le laissant nu comme un ver. Sa peau frissonne sous la fraîcheur nocturne du vent contre son torse. Mais dès qu’il sera dans l’eau, il ne sentira plus la morsure du froid. Il se penche vers un côté, lentement pour ne pas faire chavirer la petite embarcation. Finalement, il sourit à la belle blonde, et saute dans l’eau, disparaissant de sa vision. Les flots l’accueillent une nouvelle fois comme un fils, alors qu’il s’enfonce profondément dans la noirceur de la mer. Ses jambes fusionnent et sa longue queue de triton se forme, aux écailles d’un vert pâle bien moins brillants et exceptionnels que ceux de sa protégée. Il reste encore quelques secondes immobile, appréciant la chute lente vers les fonds marins, puis enfin il entame un mouvement de bascule et se tourne vers la surface et l’embarcation. Sa queue s’anime d’elle-même, et en quelques mouvements amples et puissants, il prend de la vitesse et remonte à la surface, posant ses paumes sur le navire.

Cassius sourit à Ysaleen, sa tignasse plaquée par l’eau contre son crâne.

- Me voila dans ma vraie forme ! Je ne sais pas si on pourrait m’appeler un prince des mers, mais je ne t’ai pas menti.

Le capitaine se laisse flotter sur son dos et dévoile sa longue queue de triton, frappant l’eau de sa nageoire. Il sourit comme un gosse soudainement, replongeant dans l’eau. Il prend de la vitesse et soudain bifurque vers la surface, et saute hors de l’eau, faisant un saut en arrière, fier de lui montrer une telle prouesse. Éclatant de rire en remontant à la surface, il se met à pousser doucement le navire, avec bien plus de puissance que lorsqu’il ramait.

- Je vais t’amener près d’un petit îlot. Il n’y a pas grand-chose à voir, à part une jolie chute d’eau. J’aime bien cet endroit.

Il l’emmène et lorsqu’ils sont près de cet îlot, et qu’une partie de la chute d’eau se voit à travers les arbres, Cassius s’accoude à l’embarcation et fixe Ysaleen.

- Comment me trouves-tu ? Tes écailles sont bien plus jolies… Tu sais Ysaleen… Je te trouve… Vraiment… Magnifique.

Cassius la fixe avec intensité et se penche lentement vers elle, se hissant un peu sur l’embarcation. Sans vraiment y réfléchir, laissant son cœur dicter ses actes, ses lèvres rencontrent enfin les siennes, alors qu’il presse son visage contre le sien pour en avoir plus. Qu’importe les conséquences. Il ne regrettera pas ce baiser de si-tôt.

AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


✧ Date d'inscription : 23/12/2016
✧ Messages : 370
✧ Localisation : Thern
✧ Ordre des Aigles : Des barbares sanguinaires qui mériteraient de tester leurs propres méthodes.


MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   Lun 28 Aoû - 22:23

Malgré ses eaux noires et profondes, Ysaleen aimait la mer. Elle n’était pas aussi bénéfique pour elle que pour les enfants d’Olinwe, mais elle était en adoration devant cette force de la nature, puissante, indomptable et parfois dévastatrice. Avec tendresse, elle vint effleurer la surface de cette eau qui était tout sauf une surface plane. Balancée par les vagues, la petite embarcation s’avançait au rythme imposé par Cassius. De ses bras puissants, il tirait sur les rames, les éloignant doucement du navire et de la baie, les laissant disparaître dans l’ombre qu’offrait la nuit. Finalement, elle brisa le silence qui s’était installé entre eux, lui suggérant d’éviter de la noyer dans ces eaux salées auxquelles elle ne survivrait pas. Sa réponse la prit de court tandis qu’elle le fixait. Elle eut un léger sourire avant de baisser doucement le regard pour mieux le relever sur l’homme qui se levait.

Un à un, il laissa tomber ses vêtements dans la barque sous l’œil avisé d’Ysaleen qui essayait de maintenant ses pupilles azurées dans celles, sombres, du capitaine. Pourtant, elle ne manqua rien du spectacle et, quand il lui offrit la possibilité de fermer les yeux avant de lui signifier que l’équilibre pouvait se rétablir entre eux de ce côté, elle arqua un sourcil amusé. « Mais je ne veux rien manquer de ce spectacle. » Un léger sourire en coin se dessina sur ses lèvres encore pâles de ces jours éprouvants qu’elle avait traversé. Assise ici, elle se sentait bien, profitant de la fraicheur de la brise sur sa peau claire afin de sentir la vie demeurer en elle. Il acheva d’ôter ses vêtements sous le regard de la dame de Thern qui demeurait braqué dans ses yeux. Pourtant, dans la périphérie floue de son regard, elle ne pouvait que constater le corps taillé dans le roc de cet homme.

Il rompit le contact visuel, s’approchant d’un bord de la barque, Ysaleen compensant cela d’un mouvement à l’opposé. Finalement, il lui offrit un dernier sourire avant de sauter avec puissance dans les flots. Le petit bateau oscilla un instant, retrouvant son équilibre sur les vagues. Quand cela fut fait, Ysaleen se pencha par-dessus la surface, cherchant du regard l’Oleiade dans les eaux noires. Et finalement, il réapparut, fendant la surface de son torse, posant ses mains sur le rebord de l’embarcation, un large sourire aux lèvres. Alors, il lui signala se trouver sous sa véritable forme et les yeux d’Ysaleen quittèrent le visage du triton pour descendre le long de son corps et découvrir la nageoire qui remplaçait désormais ses jambes. Un Prince des mers, si, il en était un aux yeux de la fille de Menuin qui observa avec une attention émerveillée les écailles pastelles de l’homme. Fort était de reconnaître qu’il ne l’avait pas dupée, en tous cas. « Pardonne-moi… D’avoir pu douter de tes dires. Même si je me réjouis de me trouver ici en ta compagnie, à présent. » Elle tendit la main pour effleurer sa nageoire quand il replongea soudainement dans l’eau, n’hésitant pas à éclabousser la jeune femme dans la foulée. L’air inquisiteur, elle observa de nouveau les eaux noires, cherchant vainement la présence du Capitaine. Il surgit soudainement, provoquant un sursaut à la jeune femme, bondissant littéralement aux côtés de la barque pour tourner dans les airs avant de replonger d’où il était venu dans une gerbe d’éclaboussures. Ysaleen rit doucement de cet instant qui lui permit d’oublier un tant soit peu les soucis du quotidien auxquels ils étaient normalement tous deux exposés.

Finalement, sans qu’elle ne puisse le voir, il se mit à pousser l’embarcation, ce qui provoqua une secousse à laquelle la jeune femme n’était pas préparée. La douleur la saisit mais elle serra les dents tandis qu’il lui expliqua son idée. Elle hocha la tête, reposant un sourire sur ses lèvres pour ne rien laisser percevoir de sa douleur, se laissant guider dans la mer part le triton. Lui faisait-elle assez confiance ? Elle se surprit à penser que oui, elle pouvait lui accorder une confiance aveugle. Les reflets lunaires offraient une lumière argentée, miroitant sur les vagues. Doucement, ils s’approchèrent de l’îlot et rapidement, le son de l’eau qui chute attira son attention. A travers les branches, elle pouvait voir cette petite cascade d’eau certainement douce. Elle n’aurait pas été si blessée, elle aurait certainement cherché à y aller. Mais là, la chose n’était pas raisonnable. Finalement, la rejoignant et s’accoudant à l’embarcation à ses côtés, il attira de nouveau son attention, lui posant une question qui la fit sourire. Evidemment, qu’il était beau. Il était même plus que cela. Mais avant qu’elle ne puisse le lui signifier, il ajouta ce qu’l pensait d’elle avant de se hisser plus encore dans la barque. Il fut si rapide que ce fut à peine si elle se rendit compte de ce qu’il se passa. Ses lèvres trouvèrent les siennes, se joignant dans un baiser. D’abord surprise, elle finit par le lui rendre, sa main venant trouver sa nuque mouillée pour maintenir son visage contre le sien. Finalement, elle mit fin à l’instant, le relâchant avec douceur. Ses pupilles azurées ne le quittaient plus. « Tu es bien audacieux, fils d’Olinwe… Bien peu d’hommes n’avaient osé cela auparavant… » Non pas qu’elle n’avait pas pour habitude de côtoyer les hommes mais plutôt qu’elle les tenait en respect et qu’ils attendaient toujours un signe de sa part pour tenter le diable. Peut-être même que Cassius était le premier à oser se servir sans y avoir été autorisé. Et ça ne lui déplaisait nullement.

Une brise passa, le vent s’engouffrant doucement dans le manteau qu’elle portait et elle frissonna, réveillant de nouveau sa peine. « Nous devrions rentrer… Tu nous as bien éloigné. » Elle détourna son regard de lui, se mordillant un instant les lèvres. Feindre de l’ignorer à présent ? Comment aurait-elle pu ? « Cassius ? Si ma nageoire peut sembler avoir été coulée dans l’or, la tienne est un ensemble de ces coquillages rares que l’on ne trouve qu’au fond des mers… Et le résultat est merveilleux. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius   

Revenir en haut Aller en bas
 

Remember who your real enemy is, you'll find allies. • Cassius

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Céreal Killer (Oatifix)
» REAL BARRAY
» REMEMBER ME
» mascara de poche « They're Real" de Benefit
» M-Real : Bruno Le Maire continue à y croire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THE MERMAID GRACE ::  :: Les Terres d'Istard-