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 Family will always have your back/ Caïn Gloweyes

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MessageSujet: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Lun 8 Mai - 16:41

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Cassius Irving & Caïn Gloweyes

Cassius s’agite sur sa selle, ne trouvant pas sa situation actuelle particulièrement confortable. Il n’a jamais été grand cavalier, ni l’ami des bêtes en général. Il se méfie des chevaux, et les canassons lui rendent bien la pareille. Non, le triton est définitivement mieux les deux pieds sur son pont, la brise marine caressant son visage. Cassius aime à penser qu’il est l’un des meilleurs capitaines du coin. Il a vécu pendant toute son enfance sur un bateau. Il en connait tous les rouages, tous les nœuds, toutes les fissures. Il sait tout faire, puisqu’il a tout fait sur ce bateau. Même briquer le pont, bien que cela fasse un petit bout de temps qu’il ne s’est pas abaissé à cette tâche ingrate.  C’est quelque chose que l’on réserve par tradition aux petits mousses à peine engagés.

Mais puisque son navire est bloqué au port d’Isandiel pour réparations, Cassius en a profité pour faire une petite expédition à l’intérieur des terres, en Ethen. C’est assez rare qu’il s’aventure au-delà du sud, qu’il connait bien. D’abord parce qu’il gagne sa vie en marchandant à bord de son navire, en s’aventurant en mer pour ramener des richesses exotiques, mais aussi parce qu’un voyage trop long lui couterait sans doute la vie. L’eau salée est aussi importante pour les sirènes de mer que la nourriture ou l’eau. Si on fait l’impasse dessus trop longtemps, on s’assèche comme une vieille truite au soleil.

Quoi qu’il en soit, il est temps qu’il fasse un tour de ce côté-là. Cassius doit poursuivre ses recherches pour trouver son petit cousin. Et les grandes villes côtières n’ont rien donné. Ce n’est pas vraiment étonnant, sachant que son cousin est un triton d’eau douce. Il a entendu parler de ces inondations qui ravagent les cultures et grignotent les maisons des hommes. Un vrai régal à entendre pour le triton aigri qu’est Cassius. Il est grand temps que cette race souffre, autant que la race des sirènes a souffert. Olinwe et Menuin voient leurs enfants mourir depuis trop longtemps.

Une auberge au loin en bordure d’un village attire son attention et le fait quitter ses rêveries. Cassius talonne légèrement sa monture pour l’inciter à accélérer le pas et pose pied à terre quand il arrive au niveau de l’auberge. Il ressert son manteau autour de ses épaules et passe la porte avec un air décidé. Aussitôt le silence se fait dans la salle, et Cassius peut sentir le regard de dizaines d’hommes du coin le dévisager. Il fronce légèrement les sourcils. Bande de porcs ignares. Et se dirige vers l’aubergiste.

Il fait vite pour se présenter. Mais ça semble suffire, puisqu’il  s’avère que l’aubergiste n’a pas sa langue dans sa poche. Pour être bien honnête, Cassius ne s’intéresse pas au devenir des hommes à Thern, alors il se contente d’hocher la tête de temps en temps et de laisser s’épandre de tout son saoul sur ces maudites inondations qui s’abattent partout autour d’eux.  Cassius finit par poser la question fatidique :

- Vous connaissez un Caïn dans les parages ?

L’aubergiste passe ses doigts dodus dans son imposante moustache et hoche la tête.

- Oui… Caïn, c’est le nom de l’éleveur d’hippogriffes. Y en a pas deux dans le coin, c’est pour sûr. Ce n’est pas un métier très commun, si vous voulez mon avis.

- Où est-il ? Demande-t-il d’une voix rauque. Je dois faire affaire avec lui.

- Je crois qu’il est dans le coin, près du lac. Enfin, avec les inondations, vous feriez mieux de…

Cassius n’entend pas la fin de sa phrase. Son cœur bat fort dans sa poitrine, lui tambourinant dans les oreilles. Son sang ne fait qu’un tour, et voilà que le triton se lève et enfourche son cheval sans un mot. Il le talonne aussitôt, sans pitié. Il y a des chances que ce ne soit pas lui. Après tout, que ficherait un triton d’eau douce avec des hippogriffes ? Mais il faut absolument en avoir le cœur net. Une flamme vient de se rallumer dans sa poitrine, un nouvel espoir qui renaît à l'idée de revoir enfin, le petit bébé potelé qu'était son cousin auparavant.

Cassius s’accroche à son canasson, emmêlant ses doigts dans sa crinière et part au galop en direction de la ville de Thern. Les routes principales sont noyées d’eau et plusieurs fois Cassius doit changer d’itinéraire. Il finit par s’enfoncer dans la forêt d’Alcalye à contre cœur. Il a entendu des rumeurs sur cette forêt. Il vaut mieux ne pas s’enfoncer trop loin, là où le soleil ne passe plus entre les feuillages. On dit que les pires résidus d’hommes attendent que des voyageurs se perdent dans la forêt pour les massacrer. C’est donc prudemment que Cassius poursuit sa route, au pas désormais. Il ne prend aucun embranchement qui s’enfoncerait dans la forêt. Il se contente de longer la lisière. Autant ne pas prendre de risques inutiles.

Un filet de fumée s’élève au-delà des cimes d’arbres, pas trop loin de sa position et attire son regard. Les membres tendus, le capitaine dégaine lentement sa lame. La fumée ne vient pas du cœur de la forêt. Non… Des bandits ne s’approcheraient pas autant de Thern… Mais si c’est un traquenard, Cassius fonce droit dedans. Son regard bleu tente de percer les feuillages alors qu’il fait avancer son cheval prudemment vers la forêt.  Si c’est un bûcheron, il pourra sans doute lui indiquer plus précisément la demeure de Caïn.  Débouchant sur une clairière, Cassius écarquille les yeux en voyant l’étrange spectacle qui s’offre à lui.

Des hippogriffes …
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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Jeu 18 Mai - 21:51

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 Encore une journée paisible. Une après-midi chaude, agréable, un soleil brillant filtre à travers les feuilles des arbres, au cœur de cette immense forêt. Le ciel est bleu, dégagé et plutôt agréable à regarder. Rien de plus réjouissant, rien de plus réconfortant, surtout lorsque l’on dort presque à même le sol depuis presque trois jours. Les inondations n'épargnent pas beaucoup d’endroits en Ethan, les alentours de thern sont peu exploitables et habitables pour les zones bases, mais heureusement pour moi, mon petit cabanon a été construit sur un genre de petite colline. Je ne risque donc techniquement rien, mes biens matériels sont saufs mais pour la harde, c’est une autre histoire. Je suis leur dresseur et en tant que tel, j’ai le devoir de veiller sur eux, de faire en sorte qu’ils aillent tous bien. Ces majestueux animaux sont assez compliqués et il leur faut un endroit vaste et dégagé pour pouvoir battre de leurs larges ailes librement, sans risque de rencontrer celles du voisin. Le problème c’est que la zone habituelle prêt de mon cabanon qu’utilisent les hippogriffes est en ce moment en proie aux eaux. Elles sont pourtant peu hautes, n’arrivant même pas à la cheville et s’y balader n’est pas gênant, mais y dormir c’est autre chose. Ainsi, pour le bien de mes amis à plume, j’ai choisis de gagner la forêt, afin de pouvoir les surveiller dans de meilleures conditions. La harde se situe dans une clairière, lieu parfait pour pouvoir s’envoler comme ils le souhaitent, plutôt que de devoir faire attention aux branches pour ne pas se blesser. Un soupir satisfait s’échappe doucement de ma gorge. D’une oreille attentive, je les écouter, les surveillent. Certains s’envolent, surement une petite balade ou une envie de chasse soudaine. Mais pour les autres, il s’agit des heures calmes de la journée. Certains sont couchés, profitant de la chaleur du soleil sur leur plumage. D’autres fouillent la terre, à la recherche de racines ou d’insectes. Un instant calme et reposant pour tout le monde… Pour ma part, l’instant n’aurait pas pu être mieux choisi pour dessiner. Avec mon crayon, je griffonne les feuilles blanches, me concentrant sur mes croquis.

Un vent frais vient effleurer lentement mon visage, m’arrachant un nouveau soupir de bienêtre. Je crois que le camping n’est pas une si mauvaise idée pour le moment. Je suis plutôt détendu et ce que je ressens est agréable. Un réel sentiment de paix, un silence environnant qui détend sincèrement. Pourtant, j’entends soudain un puissant battement d’ailes. Pas celui qu’un hippogriffe fait pour signaler son envol. Mais bien celui qui est là pour mettre en garde. Je lève les yeux et observe l’un des oiseaux battre furieusement des ailes. Le cou parfaitement droit, les yeux rivés tout droit sur quelque chose face à lui. Tous les hippogriffes s’éloignent un peu, la harde se décalant de quelques mètres. Je pose mon carnet dans ma tente et me lève aussitôt. A ma venue, l’hippogriffe se calme, même s’il n’était pas agressif, son avertissement était clair. A une vingtaine de mètres du troupeau, je peux voir un homme qui se dresse, les observant, un cheval avec lui. La présence de cet animal fait d’ailleurs lever la tête à mon étalon noir, libre au milieu du troupeau d’hippogriffe. Il hennit, tête levée vers le ciel. Lui qui voit plus souvent les oiseaux que d’entiers chevaux, voir un camarade doit être satisfaisant, ce ne serait-ce qu’à saluer. Seul, le troupeau restant loin, je m’empresse d’avancer vers l’inconnu, à grands pas. Je lève les mains, lui signifiant ma présence.

- Veuillez m’excusez monsieur, mais je vous conseille de ne pas passer dans cette clairière. Le troupeau est à moi et ces animaux sont assez farouche presque agressifs à la rencontre avec des inconnus. Ils sont assez orgueilleux, et je pense que votre cheval ainsi que votre présence pourrait les énerver.

Je finis par atteindre sa hauteur et sourit légèrement. Peut-être est-il là pour affaire ? C’est assez peu probable, mais l’idée de pouvoir vendre l’une de mes bêtes ne me laisse pas sans arrières pensées.

- Je me nomme Caïn. Je suis un dresseur de ces magnifiques bêtes. Êtes-vous intéressé ? Les hippogriffes coûtent cher mais il s’agit d’un animal fidèle et robuste. Efficace pour beaucoup d’affaires. Les voyages, les guerres, ces animaux ne vous laisseront jamais tomber.

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Dim 21 Mai - 15:46

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Une fois la surprise passée de voir de telles bêtes si peu communes, la méfiance prend le relai dans l’esprit de Cassius. Il tire sur les rênes de son cheval agité, fixant les étranges bestioles dans la clairière. Certaines personnes les trouvent magnifiques, mais Cassius fait partie de la minorité qui les trouve affreux. L’étrange mélange entre un cheval et un aigle lui fait penser à un poulet sur quatre pattes. Et les poulets ne semblent pas ravis non plus de voir le capitaine. L’une de ses sales bêtes le fixe avec un air dérangeant, battant ses ailes furieusement comme s’il allait charger à tout moment. Cassius fronce les sourcils et porte la main à son épée, sans la dégainer pour autant.

Du mouvement attire cependant son œil et il remarque une tente qu’il n’avait pas vue, son attention dirigée vers les sortes d’oiseaux. Un homme en sort et Cassius parvient à soutirer son regard de l’hippogriffe, se concentrant entièrement sur l’inconnu qui s’approche. Est-ce vraiment un inconnu ? Le cœur de Cassius fait un bon dans sa poitrine et il doit prendre sur lui pour rester calme. L’homme est tout à fait charmant à regarder. Il a un beau visage fin, des yeux animés et le corps bien fait. Des traits qui peuvent tout à fait être propre à la race des sirènes. Cassius le fixe de ses yeux bleus et tente furieusement de se souvenir du visage de sa tante. Mais ses souvenirs sont vieux désormais, et il ne pourrait même plus savoir si cet homme lui ressemble ou non. Mais son père, lui, le saurait sans doute. Finalement, lorsque le jeune homme atteint sa hauteur, Cassius descend de son cheval et le fixe toujours avec la même intensité, le visage perplexe.

Il l’écoute attentivement et un sourire s’étire sur son visage, sans qu’il ne puisse rien y faire. Son cœur s’emballe tout seul, ses yeux dévisagent ce Caïn comme s’il voulait le dévorer du regard. Partagé entre le doute persistant et insidieux et la joie comme un brasier qui consume sa poitrine, Cassius se plonge dans ses souvenirs de son enfance.

***

- Fait bien attention à ton cousin ! Dit son père d’une voix dure, comme à son habitude.

Sa sœur lui caresse le bras doucement et rit de sa voix cristalline :

- Il le protège. Ne t’en fais pas, va.

Mon regard se détourne du beau visage de ma tante et observe le petit bout de triton qui gigote dans mes bras. Le bébé est bien animé, et ses yeux fixent le visage de son cousin. Pris d’une immense fierté de pouvoir le tenir ainsi tout seul, je resserre mon emprise sur mon cousin et le berce doucement dans mes bras. Il faut bien soutenir le bambin et sa nuque, encore fragile. C’est ma tante qui me l’a dit.

- Bonjour, cousin. Tu veux que je te montre la mer ? Tu ne peux pas nager dedans, toi. Tu me montreras les lacs plus tard. On péchera à deux aussi.

Cain répond en balbutiant des « Agoo » qui ne veulent rien dire. Un peu frustré qu’il ne parle pas, je ne me démonte pas et le pose doucement au sol. Le soutenant par la main, je l’aide à faire quelques pas sur le sable, s’approchant ensemble de la mer. Le spectacle est beau. Le soleil descend sur la mer et les reflets orangés sur l’eau sont magnifiques. Un poisson saute dans l’eau, surement pour nous narguer. Je lui montre le poisson du doigt et m’exclame :

- Regarde ! Il fait le brave, mais on ira le pécher demain matin ! On le fera frire !

Ça fait rire mon cousin. En même temps, un rien le fait éclater de rire la plupart du temps. Je suis quand même content de le faire rigoler. Je l’aime, mon cousin. On grandira à deux, et je le protègerai.

***


C’était une promesse que Cassius s’était faite à lui-même. Promesse non tenue. Mais il n'est pas trop tard, s'il le retrouve maintenant...  Revenant de ses pensées, Cassius agrandit son sourire à la simple idée d'avoir un hippogriffe.

- Sûrement pas ! Des sales bêtes comme ça, je m’en passerais bien ! Déjà que les chevaux ne me supportent pas !

Il éclate de rire, son visage se détend et ses yeux bleus brillent d’excitation.

- Caïn. Je ne suis pas venu pour acheter des hippogriffes. Je suis venu pour toi.

Le capitaine reprend un air plus sérieux et pose sa main sur son épaule. Il n’y aura pas de secrets entre eux. Pas de mots chuchotés, pas de mots évités. La vérité dans sa forme la plus simple, et qu’importe les dangers d’une telle histoire à conter.

- Je ne suis pas encore totalement sûr de moi. Alors laisse-moi te raconter une histoire. Je me nomme Cassius. Je suis capitaine du vaisseau Léviathan. Je suis né triton. Triton de mer. Mais avant de devenir capitaine, j’ai vécu mon enfance sur ce même navire. Et lorsque nous débarquions, mon père, ma mère et moi, nous avions toujours de la visite. La visite de ma tante, donc la sœur de mon père, et de son bébé. Son bébé qui s’appelait Caïn. J’ai passé des journées à m’occuper de ce bébé. C’était mon cousin. Je l’aimais… Comme le frère que je n’ai jamais eu.  Et un jour, on n’a plus jamais revu la mère de ce Caïn. Elle a disparu. Et le bébé a disparu aussi peu après. Ce bébé était un triton d’eau douce. J’ai passé des années à le chercher, alors je vais te poser une question très importante.

Le brun ressert sa prise sur l’épaule de Caïn et le fixe d’un air grave désormais. Il pâlit légèrement tant l’enjeu lui est important :

- Est-ce que tu es ce Caïn ? Est-ce que tu es un triton d’eau douce ?

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Dim 21 Mai - 20:04

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Je lance un bref regard en biais à la harde. Même si celle-ci s’est un peu éloignée, comme pour imposer une distance de sécurité entre l’inconnu et eux, le troupeau semble calme. On ne risque aucune charge, aucune attaque surprise de la part de l’un d’eux. Mon attention se rapporte de nouveau sur lui. Le nouveau venu pose lourdement pied à terre, descendant de son étalon bai qui lui servait de véhicule pour me faire face. Il est à peine plus grand que moi. A peine plus musclé également, mais pas vraiment de quoi en être jaloux. Des cheveux et une barbe tous deux noirs comme le jais, un regard insistant, perçant, mais très expressif. Il a d’ailleurs un regard qui me paraît dérangeant, il me fixe avec un sourire qui s’étend à mesure que je parle de mes animaux. Je ne saurais dire si la naissance et la croissance de ce sourire sont dus à mes bêtes justement ou si la raison en est tout autre.

- Sûrement pas ! Des sales bêtes comme ça, je m’en passerais bien ! Déjà que les chevaux ne me supportent pas !

Mon sourire accueillant se fane aussitôt. Un air d’agacement et d'incompréhension totale prend la place sur mon visage. Je ne m’attendais pas vraiment à ça, je suis pour ainsi dire pris de court. Surtout que son sourire ne semble pas vouloir décroitre et qu’il semble au contraire s’agrandir à chaque mot ou mouvement que je lui accorde. Je suis pour ainsi dire complètement perdu. Je ne saurais dire la raison de sa venue...

- Caïn. Je ne suis pas venu pour acheter des hippogriffes. Je suis venu pour toi.

Un sursaut saisit mon corps subitement. Pour moi ? C’est pour ainsi dire définitif, il me file maintenant la chair de poule. Il a l’air de me connaître, ou en tout cas agit comme s’il me connaissait. Alors que moi, je ne sais même pas à qui ou à quoi j’ai affaire. Si ça se trouve, c’est un aigle ! Il m’aurait vu dans le lac et serait à ma poursuite depuis lors. Ma mâchoire se contracte légèrement, alors que sans esquisser la moindre réaction, je me maudis soudain d’avoir laissé mon épée sous les peaux de ma tente. Sa main se lève et se pose lourdement sur mon épaule. Assez surpris, mes yeux sautent de sa large main à son visage en quelques secondes. Ce type est peut-être tout simplement un gentil fou qui s’est enfui d’un asile voisin, ou comme mes soupçons précédents le laissaient entendre, un aigle complètement fou à lier. En tant que grand optimiste pourtant, je fronce les sourcils en me rendant compte d’un détail. Il ne semble vraiment pas méchant, voir même un peu simplet. Il n’a pas vraiment l’air de me vouloir du mal, il semble … Heureux de me voir.

- Je ne suis pas encore totalement sûr de moi. Alors laisse-moi te raconter une histoire. Je me nomme Cassius. Je suis capitaine du vaisseau Léviathan. Je suis né triton. Triton de mer. Mais avant de devenir capitaine, j’ai vécu mon enfance sur ce même navire. Et lorsque nous débarquions, mon père, ma mère et moi, nous avions toujours de la visite. La visite de ma tante, donc la sœur de mon père, et de son bébé. Son bébé qui s’appelait Caïn. J’ai passé des journées à m’occuper de ce bébé. C’était mon cousin. Je l’aimais… Comme le frère que je n’ai jamais eu. Et un jour, on n’a plus jamais revu la mère de ce Caïn. Elle a disparu. Et le bébé a disparu aussi peu après. Ce bébé était un triton d’eau douce. J’ai passé des années à le chercher, alors je vais te poser une question très importante.

Sa paume se referme encore un peu sur mon épaule alors que je semble mille fois surpris. Une tornade d’émotions virevolte dans mon esprit, et le simple fait qu’il ressert à peine sa prise sur mon épaule me fait comme l’effet soudain d’une massue qu’on me laisserait tomber lourdement en plein centre du crâne. L’écoutant, comme hypnotisé par l’histoire, j’imagine son récit par de simples images défilantes dans mon esprit, où les personnages ne possèdent aucun visage. Sa voix grave, comme un écho lointain, devient d’un coup très proche. Chaque mot, impactant, sonnant d’un coup sec comme un marteau frappe un burin pour fendre le roc dur qui protège mes plus anciens souvenirs.

- Est-ce que tu es ce Caïn ? Est-ce que tu es un triton d’eau douce ?

Immobile entre ses doigts. J’éprouve en premier lieu une extrême envie de rire. Une envie de le repousser et de l’envoyer paître, l’idée que l’on se moque de moi sur une telle histoire m’énervant d’un coup. Pourtant, cette histoire ne me semble pas impossible. Mon père m’avait raconté que ma mère avait disparu quand j’étais encore qu’un bébé à peine évolué. Mais jamais il ne m’a parlé du reste de ma famille, car en ce temps il ignorait simplement mon existence. L’idée qu’il me reste encore de la famille du côté de mon autre sang me file soudain le frisson. Je n’avais jamais pensé qu’un jour je puisse les retrouver. Tout semble si loin, des souvenirs tellement vague que ma mémoire ne pourrait les reconstituer même si on me les racontait le plus fidèlement possible.

- Je …

Rien ne semble vouloir sortir, ma gorge est profondément nouée. Un triton … Je parle à un autre triton. Ysaleen est la seule que je connaisse. Et lui, ce type au sourire béat sort de nul part et me lâche une montagne d’informations sur le crâne, je suis sûr qu’un coup de bouclier dans les dents m’aurait encore moins secoué que toute cette histoire.

- Je suis … Un triton des eaux douces oui … Mais … Bordel.

Je fais un geste sec, me dégageant de son emprise. Tout ça semble beaucoup trop irréaliste. J’ai grandis avec les humains, mais sans me sentir réellement humain, je ne peux pas affirmer être un triton non plus.

- Cassius. C’est bien ça ? Tu crois que je vais tout avaler d’un seul coup ? Mon cousin… Si c’est vrai pourquoi je n’ai pas eu de signe de vie plus tôt ?

Mon regard se fait dur. Moi qui essaye bien souvent d’être calme et juste dans mes paroles, qui adore réfléchir à milles questions inutile, il me prend à la gorge, une révélation à laquelle je n’aurais jamais cru.

- Et tu ne trouves pas ça un peu risqué de me lâcher que t’es un triton comme ça, sans être sûr que c’est bien moi ? En plus t’es ingénieux, fils de Olaïades ! La mer pas vrai, heureusement que grâce à ça tu ne peux rien me prouver, la mer est trop loin pour qu’on aille vérifier …

Je suis agressif sans le vouloir, mais j’avoue que tout ça me touche bien plus que ce que j’essaye de lui montrer.

- Admettons … Que je sois celui que tu cherches. Comment s’appelait ma mère.

Question simple, où je connais la réponse. Et lui, même si tout ça se fait loin, il doit aussi la connaître. Une simple question, une seule réponse pour une déterminante vérité...

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Sam 27 Mai - 17:48

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Cassius inspecte son dit cousin comme s’il espérait lire sur les traits de son visage. Et en effet, plusieurs émotions se succèdent sur son beau faciès. Il semble écouter son histoire avec une fascination sans borne, les yeux brillants comme des étoiles dans un ciel noir. Puis il arbore un rictus étrange, entre l’amusement et le doute. Cassius fronce les sourcils et attend une quelconque réaction qui ne semble pas venir. Il n’a pas réfléchi à la situation à vrai dire, ni au meilleur moyen d’annoncer une telle nouvelle. Mais après tout, la vérité pure n’est-elle pas la meilleure façon de dire les choses ? Tout ça est si soudain, même pour lui qui pourtant mène les recherches depuis quelques années et se prépare à cette rencontre si spéciale. Puis la réponse tombe après un silence tendu entre les deux hommes.

C’est donc lui. Caïn. Le capitaine déglutit et le fixe sans ciller. Ça n’allège pas la pression qu’il ressent en ce moment. Cette réponse l’augmente même d’un cran. Son petit cousin est devant lui, en chair et en os… Que faire, que dire ? Le serrer dans ses bras ? Lui embrasser la joue ? Si seulement il était le petit bambin que Cassius connaissait, il l’aurait déjà pris dans ses bras et serait parti avec lui pêcher. Cassius écarquille les yeux avec surprise quand Caïn se dégage brutalement de son emprise. La main calleuse de Cassius se referme sur du vide, et il la repose contre son flanc, l’air déçu d’une telle réaction.

Son cousin prend un air sévère, qui lui rappelle étrangement son propre père, et lui fait part de ses doutes sur la véracité de ses propos. Chaque mot qu’il dit est un poignard planté dans le cœur du capitaine, mais il n’en montre rien et affronte son regard acéré.

- Oui. Je suis Cassius. Tu crois que c’était facile de te retrouver ? Toi même tu n’as plus aucun souvenir de moi. J’ai eu beaucoup de chances de tomber sur toi aujourd’hui. Peut-être que c’est la volonté d’Olinwe. Écoute… Je vis en Istard. Je te cherche depuis quelques années maintenant… Je t’ai cherché dans toutes les villes côtières où je me suis amarré. Mais j’ai fini par comprendre que tu serais en Ethen, vu ta condition. Et la, ça me posait beaucoup plus de problèmes, étant donné ma condition à moi. Mais je me suis quand même mis à ta recherche, quand mon pavillon était amarré pour un petit moment à un port, je remontais les fleuves vers les terres intérieures. Et finalement, j’ai fais cette expédition jusqu’à Thern. J’ai dû couper par la forêt et… Nous voila ensemble.

Cassius recule d’un pas devant l’agressivité de son cousin et prend une moue ronchon. Il grogne en rejetant ses accusations d’un geste hâtif de la main.

- Caïn, bon sang. Ne soit pas aussi borné. J’ai décidé de tout te dire parce que j’estime qu’il ne devrait pas y avoir de secrets entre nous. Il fallait que je dise la vérité. Et de toute façon, je mens très mal. Rajoute-t-il en le transperçant de son regard bleu. Je ne peux rien te prouver, certes, mais est-ce que tu as vraiment besoin de preuves ? Tu ne peux pas regarder mes yeux et voir que nous sommes de la même fratrie ? Accepter la vérité ?

Le capitaine croise les bras finalement et répond aussitôt à la question de son cousin, ultime affront, d’un ton sec :

- Alice. C’était le prénom de ma tante, avant qu’elle ne disparaisse. Tu sais Caïn, tu me déçois. Tu me montres une telle ingratitude, alors que j’ai chevauché comme un démon pour venir ici ! Où est passé le petit garçon qui riait sans arrêt à mes plaisanteries, et qui adorait pécher avec moi ? Tu me regardais plonger dans la mer et je te ramenais des coquillages et des crabes. Je te tenais dans mes bras et je te promettais de te protéger. J’étais persuadé qu’on grandirait ensemble… Mon père et ta mère étaient si proches… Et quand tu as disparu, et elle aussi… On a essayé de te chercher. Mais on a jamais su quelle famille d’humains te gardait. Même aujourd’hui, je pensais que tu serais peut-être mort ou dans un de ces bocaux, asservi par la race humaine. Crache-t-il. Maintenant Caïn, est-ce que tu vas continuer à mettre en doute ma parole, ou est-ce que tu vas accepter que tu as un cousin, juste devant toi, un oncle et sa compagne à Isandiel ?

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Dim 28 Mai - 13:47

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Impossible. C’est tout simplement, parfaitement, impossible. Jamais, au grand jamais, je n’aurais songé que tout ça était plausible. C’est incroyable qu’après une trentaine d’années environ passées loin de ma moitié de famille de sang, quelqu’un aujourd’hui parvienne à me retrouver. Cet homme devant moi, prétend qu’il est mon cousin. A mes yeux, un simple venin qu’il m’injecte directement dans une partie de mon esprit que je chérie tant ; l’espoir.

Mon esprit est comme happé dans une tornade assourdissante, me déstabilisant face à tant d’informations qui me sont crachées sous le nez. Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il me raconte, c’est en même temps logique, j’étais âgé d’à peine un an, et encore… Pourtant, dans ma naïve vigilance, j’éprouve l’envie secrète de le croire. De retrouver des liens avec ma famille de sang perdue, qui je pensais m’avoir oublié. J’aurais aimé avoir un souvenir du visage de ma mère, de mon cousin ou de quelqu’un d’autre, pourtant il n’y a rien. Il ne s’agit que d’éléments reconstruits d’après ce que mon père me racontait petit enfant. Aucun souvenir brute, juste certaines émotions ; la nostalgie, la curiosité, la tristesse, peut-être même une légère amertume. Elle était brune, des yeux noisettes, des traits fins et une peau blanche comme les fins nuages dans un ciel de printemps. Voilà ce que mon père m’en racontait. J’essaye de rester impassible face à mon possible cousin, de ne pas me montrer trop agressif, pourtant, comment faire ? Je suis tendu à bloque, mes muscles bandés sous ma peau. C’est un réel choc émotionnel, en me réveillant je n’aurais pas pensé que cela arriverait, surtout pas aujourd’hui, qui me semblait être tout à fait normal. Ma conscience me crie que c’est faux, que ce pauvre type aux mots séduisants n’est qu’un fou. Pourtant, j’aimerais croire à tout ce qu’il me raconte… Récompenser ses attentes, ses espérances et ses longues années de recherche.

- Oui. Je suis Cassius. Tu crois que c’était facile de te retrouver ? Toi même tu n’as plus aucun souvenir de moi. J’ai eu beaucoup de chances de tomber sur toi aujourd’hui. Peut-être que c’est la volonté d’Olinwe. Écoute… Je vis en Istard. Je te cherche depuis quelques années maintenant… Je t’ai cherché dans toutes les villes côtières où je me suis amarré. Mais j’ai fini par comprendre que tu serais en Ethen, vu ta condition. Et la, ça me posait beaucoup plus de problèmes, étant donné ma condition à moi. Mais je me suis quand même mis à ta recherche, quand mon pavillon était amarré pour un petit moment à un port, je remontais les fleuves vers les terres intérieures. Et finalement, j’ai fais cette expédition jusqu’à Thern. J’ai dû couper par la forêt et… Nous voila ensemble.

Ses arguments sont bons et séduisants, chaque mots me donne envie de baisser les armes et de laisser la lame de la vérité pourfendre mon cœur. Ils se valent, et je n’ai pas l’impression qu’il me mente vu comme il me raconte tout ça. Ses paroles riches débordent de sincérité et de véracité. Mais je suis un éternel têtu, malheureusement pour lui je ne pense pas réussir à encaisser tout ça d’un coup et à le serrer dans mes bras comme si nous nous étions toujours connus.

- Caïn, bon sang. Ne soit pas aussi borné. J’ai décidé de tout te dire parce que j’estime qu’il ne devrait pas y avoir de secrets entre nous. Il fallait que je dise la vérité. Et de toute façon, je mens très mal.

Mentir mal. En tout cas, je pense que nous sommes bel et bien deux dans ce cas. Disons que je mens bien, mais que ma conscience me forcera souvent à ne pas tenir mon mensonge bien longtemps. Seul mensonge que je m’efforce de garder en place, est celui qui dit que je suis un humain. Un simple humain, sans nageoire et branchie lorsque la vague m’immerge…

- Je ne peux rien te prouver, certes, mais est-ce que tu as vraiment besoin de preuves ? Tu ne peux pas regarder mes yeux et voir que nous sommes de la même fratrie ? Accepter la vérité ?

Accepter la vérité. Si seulement c’était si simple ! Moi qui suis un féru de lecture, un réel amoureux des belles lettres, je n’ai dans mon souvenir lu aucune histoire où quelqu’un recouvrait des liens avec son ancienne famille. Surement parce que toutes ces histoires se terminent bien souvent mal ! Le pauvre homme, s’il est bien mon cousin, a du se forger un idéal de moi, à partir de ses maigres souvenirs me concernant. Mais à présent, maintenant que trente longues années se sont écoulées, je n’ai plus rien d’un petit nourrisson potelet.

- Alice. C’était le prénom de ma tante, avant qu’elle ne disparaisse. Tu sais Caïn, tu me déçois. Tu me montres une telle ingratitude, alors que j’ai chevauché comme un démon pour venir ici ! Où est passé le petit garçon qui riait sans arrêt à mes plaisanteries, et qui adorait pécher avec moi ? Tu me regardais plonger dans la mer et je te ramenais des coquillages et des crabes. Je te tenais dans mes bras et je te promettais de te protéger. J’étais persuadé qu’on grandirait ensemble… Mon père et ta mère étaient si proches… Et quand tu as disparu, et elle aussi… On a essayé de te chercher. Mais on a jamais su quelle famille d’humains te gardait. Même aujourd’hui, je pensais que tu serais peut-être mort ou dans un de ces bocaux, asservi par la race humaine. Maintenant Caïn, est-ce que tu vas continuer à mettre en doute ma parole, ou est-ce que tu vas accepter que tu as un cousin, juste devant toi, un oncle et sa compagne à Isandiel ?


Le prénom de ma mère résonne comme une claque. Son prénom est simple, doux. Pas venu d’ici, origine d’ailleurs. Je sers doucement la mâchoire, de plus en plus effrayé face à la vérité qui se met peu à peu à m’étouffer, un sourire béat sur le visage. Ses mains crochues m’entourent la gorge et en quelques secondes, me voici suffoquant, troublé. Je ne m’attendais vraiment pas à ça, mais pourtant, ce type semble réellement être mon cousin. Je lève les mains en l’air, ouvrant les paumes. Si j’avais des armes, je les aurais laissées tomber. Avec tout le bruit que nous faisons, la harde s’est un peu éloignée, laissant notre silence crier lorsqu’aucun de nous ne le fait.

«  Parfait ! Cassius, tu es bien mon cousin ! » Phrase brève, mais pourtant sincère. « J’ai compris. Pas besoin de m’en dire plus, je te crois… »

Ma voix se fait plus calme, plus basse. S’il pensait que je sauterai de joie, c’est bien raté. Je serre la mâchoire encore un peu, mais j’arrête là. Un peu plus et mes dents se briseraient… S’il possède en lui un poil de compassion, je pense qu’il peut comprendre que cette situation me secoue. Lui connaissait mon existence, il savait qu’un jour il possèderait une personne de plus dans la famille. Mais en ce qui me concerne, j’avais toujours évité d’envisager cette possibilité afin de ne pas être déçu. Je me redresse légèrement, lui faisant face.

« Je ne suis asservi par personne. Comme tu le vois je vis bien, je suis même riche. Ma famille adoptive a accepté que je revendique mon titre, je ne suis plus considéré comme un batard, mais bel et bien un Gloweyes. Les humains ne m’ont pas asservi, loin de là. Mon géniteur est un humain, ma mère… Ta tante m’a fait parvenir à lui à sa disparition. Ils sont ma famille… Et vous la partie que j’ignorai. »

Je suis à priori calmé. Mais j’espère qu’il comprend qu’il m’est difficile de me réjouir si rapidement, qu’il me faut quelques instants pour accuser le puissant coup de massue qu’il m’a fichu dans le crâne.

« J’espère que tu comprends … Que j’ai besoin d’un peu de temps. Tu étais prêt à ça, mais moi pas. J’étais persuadé que les Gloweyes seraient ma famille à jamais. D’ailleurs, je protège aussi trois jeunes femmes à qui j’ai prêté allégeance. Je ne sais pas si on peut dire qu’elles sont de ma famille, mais ça doit être ce qui se rapproche le plus de l’asservissement dont tu parles, même si ce dernier est volontaire et parfaitement maîtrisé. »

Je ne sais pas vraiment si je peux lui dire que tout ce beau monde ignore pour ma race aquatique. Seul mon père le sait. Mais étonnement, j’espère qu’il est ouvert sur le sujet des humains. Penser que j’étais asservi devrait m’inquiéter mais après tout, s’il a fait tout ce chemin pour me retrouver, je ne pense pas que ce genre de détail puisse le chiffonner…


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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Ven 2 Juin - 22:29

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Cassius étudie le visage de son cousin. En y repensant bien… Sa tante avait le même visage. Il en est à peu près sûr. Bien que sa mâchoire virile est bien plus dessinée que celle d’une femme… Il a comme une vision latente de sa tante disparue. Ses yeux brillent comme les siens. Elle avait une bouche fine, et pourtant elle n’arrêtait pas d’embrasser tous les enfants qu’elle avait à portée de bras. Oui… Cassius se rappelle enfin de quelques bribes de son enfance. Le rire doux de sa tante,  l’opposé de la voix dure de son frère. Ses bras autour de son neveu, et ses lèvres douces contre sa joue. Sa silhouette au bout de la route lorsque sa famille attendait sa venue. Elle avait son enfant dans un drap pour le voyage, enroulé autour de son corps fin. Sa tante était la définition de la gentillesse. Toutes les sirènes et même les humains ne pouvaient que l’aimer. Et pourtant… Cassius en est certain, un pécheur lui a pris la vie.

Il se rappelle aussi des cris échangés entre le frère et la sœur. De la trahison que son père ressentait en apprenant la nature de l’homme qui lui avait ravi sa sœur. Mais aussi de sa peine immense lorsque sa sœur et son enfant disparurent. Cassius peut revoir cette scène comme s’il y était. Son père pleurant à chaudes larmes, à genoux contre sa mère. Ses recherches pour trouver l’enfant. Il rentrait très tard, parfois quittait la maison pendant plusieurs jours. Mais impossible de le retrouver. Cassius lui-même s’est senti vide et triste. Il lui arrivait d’attendre sur le chemin de sa maison pour revoir sa tante et son bambin dans les bras revenir enfin au bercail. Mais jamais Menuin ne lui a accordé son vœu. S’il y a bien une chose que la vie a appris à Cassius, c’est bien que les miracles n’existent pas.

Et le voici. Le fils prodigue. Cassius l’observe lever les mains et admettre enfin la vérité.

- Parfait. Nous avançons.

Caïn relève le menton et garde une attitude froide envers son cousin, ce qui le perturbe et a un impact plus fort sur lui que le capitaine l’aurait pensé. Lui qui croyait être un dur à cuire… Il écarquille les yeux devant les paroles injurieuses de Caïn et serre compulsivement ses poings en entendant de telles énormités. Cassius se retient de faire quoi que ce soit, grinçant des dents légèrement en l’écoutant jusqu’au bout.

Son cœur à fait un saut dans sa poitrine. Alors c’est lui, son petit cousin. Un sentiment de déception monte dans sa gorge comme une bile amère et ses yeux se refroidissent considérablement. Enfin, sans pouvoir se retenir, il finit par réagir avec une voix tranchante :

- Un bâtard…  Et tu es fier de pouvoir revendiquer ton titre d’humain ? Tu n’es pas un bâtard ! Tu es un triton des lacs, fils d’Alice Irving ! Un Menaide ! Enfant de la déesse Menuin et du grand Olinwe ! C’est le seul titre dont tu devrais être fier ! Pas… Du nom de famille d’un  vulgaire humain !

Cassius fait les cent pas, visiblement agité et frotte ses mains pour essayer de se calmer.

- Allégeance aux humains… Quelle pitrerie….

Il finit par observer le ciel et demande mentalement à Menuin de lui accorder le calme nécessaire pour le pardonner. Il finit par l’observer en coin.

- J’ai faim. Veux-tu partager un repas avec ton cousin ? Ou suis-je trop triton à ton goût ? Je sais pécher, mais pas chasser. On peut aussi aller trouver une auberge. Comme il te plaira.
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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Sam 3 Juin - 22:12

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- Parfait. Nous avançons.

Le pauvre. J'ai de la peine pour ce triton des mers. Lui qui a passé sa vie à me chercher, à chercher son petit cousin adoré, il doit se trouver à présent bien déçu. A chaque nouvelle phrase que je prononce, j'ai l'impression qu'il s'agit pour lui d'un ultime affront fait à notre famille de sang commune.

- Un bâtard… Et tu es fier de pouvoir revendiquer ton titre d’humain ? Tu n’es pas un bâtard ! Tu es un triton des lacs, fils d’Alice Irving ! Un Menaide ! Enfant de la déesse Menuin et du grand Olinwe ! C’est le seul titre dont tu devrais être fier ! Pas… Du nom de famille d’un vulgaire humain !

Je le vois qui s'active, se mettant à marcher. Il frotte activement ses mains l'une contre l'autre, tandis que je le dévisage légèrement, sans vraiment m'en rendre compte dans un premier temps. Je me dis parfois que je suis né du mauvais côté de la berge. Si ma mère était rentrée ce jour-là, j'aurais peut-être fini aussi raciste que mon cousin, mais si à l'inverse mon père avait été un raciste, ce cher Cassius n'aurait pas eu du tout de cousin. Il l'aurait ainsi cherché en vain toute sa vie...

- Allégeance aux humains… Quelle pitrerie….

Il lève le nez au ciel et il ne m'en faut pas plus pour comprendre qu'il annonce une prière aux cieux. Chose que j'oublie selon moi bien trop souvent de faire...

- J’ai faim. Veux-tu partager un repas avec ton cousin ? Ou suis-je trop triton à ton goût ? Je sais pécher, mais pas chasser. On peut aussi aller trouver une auberge. Comme il te plaira.

Trop triton à mon goût ...
Voilà une phrase qui a bien le don de m'énerver. En même temps, il n'est pas celui qui a mordu le premier, je suis celui qui a déclenché les hostilités. Un léger sourire fend mes lèvres, têtu comme il est, voilà peut-être bien la première preuve de notre lien de famille. A sa proposition d'aller dîner, je peux entrevoir une possibilité de salut, une sorte de rédemption temporaire dans notre débat de sourd.

- Bon ... Je peux peut-être laisser la harde tranquille le temps d'aller manger un morceau avec toi. Disons donc la taverne, nous serons en intérieur, assis sur de vrais chaises, pas comme ici où nos fessiers côtoieront l'herbe encore mouillée de cette nuit.

Je me veux plus accueillant. Nos prises de tête auront lieu j'en suis sûr, nos avis divergent trop. Mais pour l'heure, j'admets être finalement très curieux d'entendre parler de l'autre côté de ma famille. Je ne les connais pas, mais j’en éprouve l’intime besoin. Moi qui avait enterré cette possibilité il y a déjà tellement longtemps, je me vois mal refuser une telle opportunité. Je ne considère pas ce type comme étant quelqu’un de ma famille. Nos sangs sont peut-être les mêmes mais quelque chose nous manque pour nous prétendre de la même fratrie, à savoir un vécu. La famille ce n’est pas dû, selon moi, la famille se choisie.

Je lui tourne le dos, allant récupérer mon étalon noir, je m’active, afin de l’équiper le plus rapidement possible. Il existe une auberge, à quelques longues minutes de là, qui a été heureusement épargnée par les flots. Je passe donc en tête, Cassius n’ayant pas forcément l’air de connaître les environs puisqu’il côtoie surtout les zones côtières. Cet endroit, je l’aime bien. Comme tout lieu, il a son propre charme et son identité. Nous attachons nos chevaux et entrons, pour découvrir l’endroit baignée d’une douce lumière vibrante, bougies suspendues nous laissant vue libre pour décider d’où pouvoir se poser. Je ne laisse pas vraiment le temps au salé de réfléchir, que je m’avance vers une table ronde, assez petite, pour y poser ma carcasse. Je pousse un soupir de complaisance, appréciant le repos offert à mes jambes maintenant que je suis assis.

- Cassius. J’aimerais que tu me parles un peu plus de ma mère si tu te souviens d’elle. J’aimerais, que tu me parles de ta famille, qui semble être la mienne d’une certaine manière…

J’observe les tables alentours, cherchant le plat du jour qui est proposé et me voilà ravi lorsque je remarque qu’il s’agit d’un potage de légumes et de bœuf grillé. Mon regard sombre comme la nuit se repose sur mon cousin, pas la moindre trace de méchanceté dans ce dernier.

- Après ça je te parlerais de ma famille humaine … J’essayerai de t’expliquer à quel point ils m’ont bien traité, à quel point je n’ai pas été exploité.

Il ne s’agit en aucun cas d’une pique, mais bien de la vérité. J’espère pouvoir le rassurer et lui faire comprendre que je n’ai rien d’un chien à leur botte. Vu tout ce qu’ils m’ont offert durant ma vie, j’espère que l’on pourra s’entendre sur un point ; ma famille est un excellent exemple de bonté humaine.

- Et après tu m’expliqueras comment on peut faire pour être cousin, alors que tu es si mal à l’aise sur un cheval.

Ça en revanche, c’est une pique. Gentille, débordante d’humour ; ce détail m’a frappé. Il est tellement crispé sur le dos de son cheval qu’il doit avoir des crampes une fois couché…
Je fais signe à la serveuse qui déambule avec son plateau en main et lui commande deux bières ainsi que deux plats bien chaud. J'espère au moins que nous pourrons discuter sans nous entre tuer.
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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Ven 9 Juin - 18:10

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Cassius tente de détendre ses épaules et hausse un sourcil en voyant le petit sourire de son cousin. Il ne manquerait plus qu’il s’amuse de sa déconvenue. Mais à sa plus grande surprise, il semble que Caïn dépose enfin les armes. Cassius hoche la tête vigoureusement à ses dires, exprimant son contentement avec la même vivacité qu’à son habitude et répond d’une voix plus douce :

- Très bien. C’est un bon choix.

Il jette un dernier coup d’œil aux hippogriffes. Ainsi, il peut même les laisser en paix pour une nuit… En même temps, un voleur d’hippogriffes se ferait sûrement arraché un membre avant de pouvoir poser la main sur la tête d’un de ces poulets. Cassius essaie de trouver une cicatrice sur le visage de son cousin, mais il ne semble pas en avoir d’imposantes, du moins sur son visage. C’est donc qu’il est doué. Un être de l’eau qui vole occasionnellement… On aura tout entendu.  

Cassius attend patiemment que son cousin prépare son étalon, symbole de sa richesse. Peut-être même qu’il est plus riche que le capitaine, aujourd’hui dépouillé de son argent à cause de ces foutues réparations. Il soupire lorsqu’il s’avance de nouveau vers son canasson. Cassius emmêle prestement ses doigts dans sa crinière et se hisse, toujours aussi raide, sur son dos.  Le capitaine donne un petit coup de talon et se contente de suivre son cousin qui semble bien connaitre la route. Ils arrivent bientôt devant une auberge, pas déplaisante au regard. Une fois encore, Cassius laisse faire son cousin et s’assoit docilement à la même table que lui. Il promène son regard acéré autour de lui et finit par se relaxer.

Cassius dévisage ensuite son cousin. Il le laisse parler de tout son saoul,  hochant la tête à chacune de ses requêtes. Malheureusement, il ne pourra pas lui donner autant de détails que Cain aurait voulu, mais c’est toujours mieux que rien. Cassius relève la tête à sa provocation et sourire largement, laissant échapper un petit rire.

- Chacun son domaine, cousin ! Je suis piètre cavalier, et jamais je ne m’approcherais de tes hippogriffes. Mais je dompte les mers sur mon navire, et je ne souffre pas d’équilibre lorsque j’ai pied sur le pont, je peux te l’assurer. Dit-il avec une pointe d'orgueil dans la voix.

Il se tait lorsque la jolie serveuse rapporte les plats et les bières. Il la salue rapidement et trempe aussitôt ses lèvres dans le breuvage, bien aise de pouvoir se rafraîchir après tous ces efforts. Il enfonce son couteau dans un bout de viande et prend le temps de le savourer avant de reporter une nouvelle fois son attention vers son interlocuteur.

- Bien sûr que ma famille est la tienne. Je vais te dire ce que je sais sur notre famille. Ne m’en veut pas si je n’ai pas grand-chose à t’annoncer pour ta mère. Elle a disparu lorsque j’étais très jeune, que Menuin garde son âme. Dit-il doucement. Mais je te rappelle que son frère, ton oncle donc, est en Isandiel. Il saura se rappeler de sa sœur mieux que personne. Il se peut même qu’il garde des souvenirs d’elle. Certains te reviendront de droit. Mon père a beaucoup souffert de sa perte. Il chérit son souvenir plus que quiconque. Ils étaient extrêmement proches.

Le capitaine soupire légèrement et son regard bleu se voile de quelques nuages. Le souvenir de cette perte ne le quittera sans doute jamais.

- Ta mère était aimée de tous. Humains comme sirènes. Elle était douce, aimante. Extrêmement pacifiste. Elle n’a jamais souffert du regard des autres. Il sourit en coin et se gratte la joue en marmonnant : Ma tante n’arrêtait jamais de nous embrasser. Elle nous adorait, ça je m’en rappelle bien. Elle te chérissait chaque jour, et tu ne manquais de rien. Elle me donnait sa confiance néanmoins, quand je te gardais. C’était … Une tante exceptionnelle.  Il se racle la gorge. Alice avait une voix cristalline, très bonne chanteuse. Elle avait un visage aussi beau que le tiens, avec des yeux qui brillaient. Quant à l’autre partie de ta famille… Mon père est sévère, mais aimant. Il est aussi dur que moi, je le crains. Il est courageux et têtu. Il t’a cherché longtemps… Ma mère est plus juste, plus douce. Elle est très inquiète de nature. Cassius rit doucement en pensant à sa vieille mère. Elle n’aura de cesse de vouloir te nourrir dès qu’elle te verra. Elle adore prendre soin de sa famille.

Cassius termine sa tirade en prenant un autre morceau pour nourrir un peu son ventre mécontent. Ses traits se sont détendus au simple souvenir de sa mère. L’amour de sa famille est bien un trésor inestimable à ses yeux.

- Je ne pourrais pas te donner meilleur portrait de ta mère. Encore une fois, mon oncle pourra t’en dresser un portrait plus fidèle. Je ne lui connais pas de défauts. Sauf bien entendu, sa naïveté concernant les hommes. Il ronge un os et lève les yeux vers lui. Je suis persuadé qu’elle n’est pas morte d’un accident.

Il n’en parle pas plus. Caïn a très bien compris ce qu’il voulait lui dire à travers cette simple phrase. Cassius se redresse un peu et tapote son verre en fronçant les sourcils :

- Ne te méprend pas. J’ai envie d’en apprendre plus sur toi et ton histoire. Mais ne t’épanche pas sur ta… Il hausse un sourcil, exprimant son désaccord inconsciemment. Ta « famille » et sa supposée bonté. Au fait, dit moi… une question me tracasse depuis notre première discussion.

Le capitaine affronte son regard et sourit en coin, tel un requin, jouant avec son verre en choisissant bien ses mots :

- Est-ce qu’ils t’aiment pour ce que tu es vraiment ? Ce que tu es… Quand tu prends ta vraie forme ? Que tu le veuilles ou non, ce n’est pas parce qu’on se dissimile parmi eux qu’on est comme eux.  

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Dim 16 Juil - 12:26

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Mon cousin est selon moi un bien triste personnage. Cela fait très peu, trop peu de temps que l’on se connaît, qu’il tente déjà de me faire avaler ses idéaux à lui, sans prendre en compte que je ne suis pas un enfant d'à peine 10 ans et que j’ai donc par conséquent, déjà les miens, ainsi que les arguments pour les défendre. Je suis pourtant très ouvert d’esprit, très curieux de nature. J’aime à me penser un peu philosophe dans le fond et ce n’est pas parce que je sais manier une lame que j’en suis pour autant moins pacifiste. Pourtant, mon cousin semble avoir des idées arrêtées, n’ayant aucune envie d’évoluer. Je suis sûr qu’il est du genre à penser que les femmes doivent rester à la maison ; pourtant, grâce à Ysaleen et à ma mère, je sais aujourd’hui qu’elles sont capables de bien plus. Maintenant que j’y pense, c’est à présent moi qui ai des idées arrêtées sur mon cousin. Pourtant … Je me pose de réelles questions. Je ferais mieux d’apprendre à le connaître, pour voir s’il est plus ouvert d’esprit sur d’autres sujets, le questionner un peu. Mais pour le moment, ce n’est pas vraiment mon cousin qui m’intéresse le plus, mais plutôt ce qu’il est capable ou non, de m’apprendre sur ma mère. C’est sûrement égoïste, mais n’étant pas partis du bon pied lui et moi, j’ai pour l’instant un certain mal à éprouver plus que de la sympathie pour lui. Peut-être qu’avec un peu de patience, de persévérance, nous nous trouverons quelques points communs au fur et à mesure que la discussion avancera.

J’écoute son long discours, séduit par certains points, rebutés par d’autres. Pour moi, Cassius me fait actuellement du bourrage de crâne. A chaque fois qu’il parle des humains c’est pour les enfoncer et chaque fois qu’il parle des sirènes, c’est pour les mettre sur un pied d’estal. Il me fait définitivement penser aux gens qui crient à tous d’intégrer leur religion, que c’est la leur la bonne, alors que certaines personnes qui ne croient pas, ont sûrement leurs raisons. Pour ma part j’ai un avis mitigé sur le sujet, puisque des sirènes se font tuer par milliers sans qu’aucune intervention divine ne soit actuellement recensée. Pourtant, tous continuent de croire, certains d'interpréter. Cassius est comme moi en ce point pour le coup. Quand on me parle des dieux, je suis certes plus ouvert d’esprit que lui, mais aussi dubitatif que ce dernier sur certains points. Peut-être qu’un jour, sans pour autant devenir leur allié, Cassius acceptera le fait que tous les hommes ne sont pas mauvais. Et peut-être que moi, je trouverais une fois plus sincère pour les dieux, qui sait, les inondations viennent d’eux, afin d’aider leurs fils et filles à pouvoir se baigner plus fréquemment. Le débat que je mène avec mon cousin me perd dans un flot de pensées. Je pense que c’est une bonne, comme une mauvaise chose. Si nous possédons tous deux un sang de sirène, j’ai l’impression qu’il est pour nous deux bien chaud et que nous sommes capables de partir au quart de tour si les choses s'enveniment.

En parlant d’envenimer les choses, mon cousin revient à la charge. Il parle de ma famille humaine. Il ne veut pas que j’en parle, mais vient pourtant me chercher sur le sujet, jugeant si je leur fais confiance, évaluant ce qu’il pense être comme un manque d’assurance sans doute …

- Mon cher Cassius … Tu sais quoi ? Tu me parais bien impolie. Tu fais celui qui veut me connaître, alors que ce qui t’intéresse c’est que je rentre avec toi, dans une famille que je ne connais pas, pour achever la quête qu’avait commencé ton père. Je n’ai pas raison ? Tu veux que je fasse l’effort de connaître ta famille, sans avoir l’envie de ce ne serait-ce rencontrer la mienne.

Je plante ma fourchette dans un légume bien gros et juteux et le mâche, mon regard est assez neutre, bien qu’on puisse y lire avec facilité une certaine exaspération.

- Non tu as raison sur un point. Seul mon père est au courant que je suis un triton, mais c’est un choix personnel. Je veux continuer ma vie de dresseur car c’est une vie qui me plait, une vie humaine certes, mais qui n’est pas incompatible avec celle d’un triton. Dis-toi bien, cousin, que les aigles me terrifient. Mais pas pour moi non, je sais me battre. Mais figure toi que je suis persuadé qu’ils torturent des humains pour avoir des informations sur nous et que si par malheur ma petite sœur était au courant, et qu’avec une amie elle échappe soudain qu’elle connaît un triton, toute ma famille se verrait interrogée. Peut-être même torturée, tout ça sans que je ne le sache, puisque j’habite maintenant assez loin d’eux, comme tu as pu le remarquer.

Je mange ensuite un petit morceau de viande, en appréciant la chaleur et la saveur, sa chaire fondante se diffusant sur toute ma langue.

- Alors vas-y, juge moi. Mais si je te présentais ma petite sœur humaine, chose que j’aurais apprécié de faire, saches que tu verrais que de caractère elle me ressemble. Et qu’en tant qu’humaine, elle ne saurait pas faire de mal à un autre être humain.

Je soupir finalement, me renfonçant dans mon siège.

- Mes mots risquent de te blesser Cassius. Mais malgré tout le merveilleux tableau que tu me peins de ta famille, je n’ai pas envie d’entendre ton père et toi, gronder en cœur que ma famille humaine n’est pas ma vraie famille. Je peux très bien en avoir deux, comme les gens normaux. Une du côté de ma mère, une du côté de mon père. Mais ce n’est pas en m’enfonçant et en dénigrant ceux qui m’ont élevés que tu me donneras envie de te suivre.

Je finis doucement mon plat et l’observe…

- J’accepte de venir voir ta famille. Si toi, tu viens rencontrer la mienne. Sinon je crains que pour moi tu ne sois rien … Dis-toi que dans certaines rejoint, on peut épouser nos cousins, parce que nos sangs sont assez différents. Alors fais un effort, et en face, je te garantis de faire de même.

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MessageSujet: Re: Family will always have your back/ Caïn Gloweyes   Mer 26 Juil - 22:49

Family will always have your back
Cassius Irving & Caïn Gloweyes

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux cousins sont devenus de parfait étrangers avec le temps. Ils ne partagent aucunes valeurs, aucuns idéaux, aucuns rêves en commun. La seule chose qui les rapproche, c’est bien le fait qu’ils soient tous les deux aussi têtus que des mules. L’air suffisant de son cousin insupporte le capitaine. Au moins l’éleveur d’hippogriffes ne lui aura pas fait l’outrage de l’interrompre pendant son petit discours. Cain lui répond enfin, le fixant droit dans les yeux. Et il pousse son cousin à bout. Dès les premiers mots qu’il prononce, Cassius crispe sa main sur ses couverts, blanchissant ses jointures sous la pression qu’il exerce par sa poigne. Les mots qui sortent de la bouche de son cousin sont des insultes à leur race commune, et des insultes à sa famille.

Cassius cesse aussitôt de manger, alors que le voile rouge de la colère recouvre ses pupilles et que ses émotions lui gonflent ses veines. Il finit par abattre brutalement son poing sur la table aux derniers mots de Caïn. « Tu n’es rien pour moi. » Quelle phrase hautaine, pleine de mépris pour le capitaine, aussi froide que l’eau de l’océan.  Il fixe Caïn avec rage.

- Ça suffit ! Tes paroles sont du poison ! J’ai fait l’effort d’aller à ta recherche pendant des années, et tout ça pour entendre dire de la bouche hautaine de mon cousin, que c’est uniquement pour finir l’entreprise de mon père ? Que j’ai fait ça par… par vanité ? Qu’elle ingratitude envers ton cousin, Caïn ! Je t’ai cherché parce que je me rappelai du bambin joufflu de ma tante aimée ! Parce que j’ai promis autrefois de te protéger, et de passer mon enfance avec toi ! Tonne-t-il.

Le capitaine se lève de table, la faisant reculer de ses gestes brusques.

- Tu es inquiet pour ta famille humaine ? Et quand est-il de tous les êtres qui te ressemblent, à toi comme à moi, et qui crèvent comme des animaux dans des bocaux et des estrades ?! Est-ce que tu penses à eux, ou seuls les braves petits humains sont ta source d’inquiétude ? Non Caïn, je ne m’intéresse pas à ta famille. Tu veux que j’aille les voir ? Très bien. Mais je ne mentirai pas sur ce que je suis vraiment, moi ! Je ne suis pas un vulgaire triton, qui se cache dans son coin et qui fait la sourde oreille aux lamentations de son propre peuple !

Cassius crache au sol, comme s’il voulait se débarrasser de sa colère sourde. Mais ce geste ne semble toujours pas le soulager.

- N’aie crainte, cher cousin, il n’arrivera rien à ta précieuse famille ! Tu te caches trop bien pour qu’il y ait le moindre soupçon sur toi ! Tu es un parfait petit homme ! Par contre, l’autre côté de ta famille, celle dont tu te fous, peut très bien s’éteindre d’une minute à l’autre ! Mais après tout je ne suis rien pour toi, car malgré mes efforts pour toi, je n’aurais pas voulu faire la courbette devant ton père ! Je peux me faire vider les veines en public sans que cela t’émeut !

Le grand brun saisit ses affaires brusquement et fixe la salle. Fort heureusement, les clients sont déjà partis depuis longtemps et le gérant est déjà parti se coucher. Il ne reste plus qu’une jeune serveuse, cachée derrière le comptoir et n’ose plus sortir de son coin, effrayée par les cris. Poussant un grognement de colère, Cassius fait quelques pas vers la sortie.

« Tu n’es rien pour moi ». Cette phrase lui revient encore en tête. Alors soudainement, perdant le peu de calme qui lui restait, Cassius se retourne soudainement et envoie un coup de poing puissant dans le nez de son cousin, l’envoyant au sol sous la puissance du geste. La déception est terrible, le rejet de son cousin lui déchire le cœur et se mêle à la rage en lui. Cassius fixe son cousin au sol, les poings serrés. Il siffle :

- Oublie-moi. Tu pourras continuer ta vie d’homme sereinement ainsi.


THE END
à suivre


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